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oct
16
Trois semaines depuis le coup de fil qui m’a mis à la porte (un vendredi, comme toujours — aux États-Unis, on vire le dernier jour travaillé, ça évite de pourrir le moral du reste des troupes épargnées pour le reste de la semaine).
Encore merci pour les encouragements et les suggestions d’envoi de CV (que j’ai je crois toutes suivies une fois que j’ai pu le mettre à jour).
La situation pourrait être pire. Ça n’est pas mon premier licenciement. Il s’agit en fait de mon cinquième. Si, si. Trois en France dans les années 90 — il faut dire qu’à l’époque je travaillais dans la presse, donc j’étais clairement masochiste — et, trois mois après le 11 Septembre, j’avais fait partie de la deuxième vague de licenciement touchant alors Yahoo!.
Cette fois-ci, j’ai quelques avantages par rapport à l’époque. L’expérience, d’abord. Ensuite, un statut d’immigration plus stable (un permis de travail valable pour presque un an, et mon mariage à une citoyenne américaine va me permettre d’obtenir un permis permanent en attendant la carte verte).
En 2001, j’avais senti le vent venir (la réduction d’effectifs avait été annoncée), et je m’étais renseigné sur mes options. Quelques jours après mon licenciement, je m’étais inscrit pour la session débutant à l’extension de Cupertino de l’Université de Californie à Santa Cruz. Cela m’avait permis de rebondir sur un visa étudiant (F1 — ce genre de gymnastique administrative ne serait plus possible désormais, toute demande de ce type devant être faite à partir du pays d’origine), et du coup j’en avais profité pour formaliser mon expérience en tant que gestionnaire de projet, obtenir un certificat dans ce domaine ainsi qu’un autre en marketing, et, deux semestres plus tard, la certification PMP délivrée par le Project Management Institute.
Après un an, à l’obtention de mes deux certificats, j’obtins enfin un permis de travail — jusqu’alors, le fait de nécessiter un parrainage pour un visa H1b s’était révélé un handicap majeur. Je décrochai un poste temporaire chez Macromedia qui lançait alors ses nouveaux sites et une nouvelle ligne logicielle. À la fin du contrat, j’étais sur le point de faire une demande de visa de travail pour le Canada, où j’espérais pouvoir trouver du boulot du côté du Québec. Je fus contacté par une société de localisation et traduction de San Francisco alors même que j’étais en train de remplir un formulaire canadien. À partir de là, les choses s’améliorèrent considérablement.
Mon permis de travail actuel, malheureusement, n’est pas aussi pratique que je le pensais. Il semblerait, selon mon avocate, qu’il ne soit valable que pour des postes réclamant des compétences similaires à mon ancien job. Impossible donc pour l’instant de décrocher légalement un petit boulot histoire de payer le loyer. Il va falloir attendre un nouveau permis de travail correspondant à ma candidature de résidence permanente, cette fois-ci parrainée par ma femme — j’étais en effet au dernier stade de ma demande parrainée par mon employeur, mais mon licenciement a annulé l’ensemble de la démarche, qui avait pris déjà quatre ans, et qui aurait pris encore quelques années avant l’obtention de la carte verte, les services d’immigration traitant à l’heure actuelle les candidatures faites… en 2002. La mienne ayant été faite en 2005, j’aurais dû attendre encore pas mal de temps.
Le nouveau permis en question, correspondant à l’ajustement de mon statut, pourrait arriver d’ici seulement deux ou trois mois. Pareil pour un permis de voyage, qui me permettrait de voyager en dehors des États-Unis et d’y rentrer à nouveau sans problèmes. Mais c’est trop tard pour pouvoir aller en Europe pour les fêtes de fin d’année, comme nous l’avions prévu. Le temps que le permis arrive, il sera trop tard, et les billets sont déjà de toutes façons hors de prix. Au lieu de trois semaines en Espagne et en France, où nous espérions pouvoir être présent pour la naissance de ma nièce, ce sera donc une semaine avec la belle famille en Floride — c’est déjà ça.
Côté santé, à deux semaines près, j’ai pu m’inscrire sur l’assurance santé de ma femme, qui n’est pas mauvaise du tout, et qui prendra effet à partir du 1er janvier. Et aujourd’hui, j’ai confirmé mon inscription à COBRA, qui me couvrira jusqu’au 10 décembre. moyennant 475 dollars par moi. Ce qui signifie que je serai sans assurance santé pendant trois semaines — je croise les doigts.
Mon véritable handicap, cette fois-ci, est notre situation géographique. Nous vivons dans l’extrémité nord de Wine Country, à plus de deux heures de route de San Francisco. Nous avons signé un bail au printemps. Le propriétaire est un type sympathique avec qui nous nous entendons bien et qui serait peut-être compréhensif si nous devions partir avant la fin du contrat, mais rien ne l’oblige à nous accommoder non plus. Au moins, nous ne sommes que locataires, et donc pas paralysés par un prêt immobilier pour une maison qui serait difficile à revendre dans le marché actuel sans perdre d’argent.
Si je retrouve un boulot dans la région de la Baie, il faudra que ma douce en trouve un, elle aussi. Elle a commencé à explorer les rares opportunités existantes. Certes, je pourrais trouver un emploi dans la région de San Francisco et y louer un studio. Mais la perspective de vivre séparés pendant la semaine pour une période indéterminée n’est guère réjouissante, et surtout peu jouable financièrement.
J’ai déjà fait quelques candidatures à des postes variés correspondant cependant à mon expérience et mes compétences. Seul retour jusqu’ici : un poste temporaire payé 15 dollars de l’heure pour une grosse firme Internet que je connais bien, mais qui malheureusement ne permettait apparemment pas le télétravail 4 jours par semaine (je n’ai plus de nouvelles du recruteur à ce sujet, donc j’imagine que c’est le cas).
J’ai officiellement soumis ma candidature pour les indemnités chômage il y a quelques jours. L’État est en plein crise budgétaire et le service EDD (Employment Development Department) est débordé par les demandes. Je ne m’attends donc pas à recevoir un chèque avant un moment.
Professionnellement, j’ai deux options, qui ne sont pas nécessairement exclusives : continuer dans la voie des services en ligne, où j’ai pas mal d’expérience en tant que gestionnaire de produit et de projet, ou changer de secteur et m’orienter vers le marketing dans l’industrie vitivinicole, ce qui nous éviterait un déménagement, du moins à court terme. L’idéal évidemment serait de combiner les deux. J’ai déjà quelques pistes, et un ou deux projets en vue, mais il me faudra quelques mois avant de concrétiser quoique ce soit. Voilà des années que je caresse aussi l’idée d’obtenir un MBA via des cours du soir. Sonoma State University, à Santa Rosa, en propose un via des cours du soir avec une concentration dans l’industrie vitivinicole, un programme unique en son genre. Il va falloir que je bosse pour le GMAT. Pas le temps de chômer.
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9 commentaires sur “Bilan à J+21”
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Argh dommage pour la demande de résidence permanente, mon dieu que c’est compliqué chez vous!!
Bonne chance pour les démarches en tout cas, et bonne idée de se remettre aux études, si tu peux le permettre financièrement, fonces!
Pour la carte verte cela a été plus rapide pour mon mari qui était en Visa L1 et nos enfants, comme j’ai la nationalité américaine je les ai sponsorisés en 2008, on l’a fait sans avocat et malgré quelques erreurs on a eu les cartes vertes en 1 an. On est sur NY donc les délais sont peut-être plus longs en Californie mais tu vas l’avoir bientôt c’est sûr.
Pour ton cv tu peux me l’envoyer, mon mari est dans le recrutement mais sur NY.
Bonne recherche
Je crois que nous traversons les mêmes étapes. Ma femme et moi nous sommes mariés cet été à Sonoma County. Ma candidature pour l’ajustement de statu a été reçue par le service de l’immigration le 25 aout. Mon autorisation de voyage a été approuvée le 30 septembre. Pour l’instant j’attends encore mon autorisation de travail… et la carte verte bien sur. Il sera intéressant de voir si tu reçois tes autorisations à peu près dans le même temps que moi. Keep us posted. Bonne continuation pour les recherches de boulot/projets en tout cas.
Je te tiendrai au courant via le blog — mon avocate va vraisemblablement faire la demande d’ajustement cette semaine. Félicitations pour ton mariage. J’ai entendu parler d’un Français ayant épousé une Américaine d’origine hispanique cet été à Petaluma… Serait-ce toi ? — Arnaud
Nope… c’etait pas moi. Nous nous sommes maries un peu plus au Nord, dans la campagne de Windsor.
Il faut croire que les mariages franco-americains etaint populaires cet ete a Sonoma County!
C’est bien ce projet de bosser dans le vin, je soutiens à fond !
(Etant entendu que je ne connais rien au marché du travail chez toi, hein. Mais bon, ça compte, parfois, le soutien moral des initiatives de changement. C’est trop souvent découragé, je trouve… Alors fonce !)
Tu as l’air de vivre ce licenciement de maniere (relativement) sereine… Je continue a croiser les doigts pour ton projet, le monde du vin, c’est vraiment tres agreable d’y travailler si tu as l’opportunite !
Je me suis marrie le 30 avril (l’année dernière), fais ma demande de carte verte et permis de travail le 1 juillet(pas de permis de voyage, pas l’intention d’en faire et pas envie de prendre le risque de faire un formulaire de plus), j’ai tout eu quasiment en meme temps a la mi septembre. Donc un peu moins de trois mois!
Donc courage, ca peut venir plus rapidement qu’on ne le pense!
Si en plus t’es marrie depuis deux ans, ta carte sera permanente et non conditionnelle. (jackpot)
Par contre, pas eu besoin d’un avocat (surtout pas la thune pour faire avec!).
En fait, je vois pas très bien pourquoi t’as laisse ta boite te sponsoriser alors que t’aurais déjà la carte verte avec ta femme? et éventuellement même la nationalité? (ça se discute, mais un copain francais m’a convaincu récemment).
Si c’etait pour eviter de payer les frais + avocat, tu aurais pu suggerer a ta boite de payer pour ta carte verta basee sur le marriage, ca leur aurait coute moins cher.
De plus, la tu devais etre en H1.B, t’etais donc plus ou moins soumis au bon vouloir de ton employeur, c’est pas super comfortable. Si c’est le cas, il y a un truc: je crois bien qu’un employeur qui “laisse partir” un h1b doit lui payer le billet retour dans son pays. Comme, on peut quasiment pas acheter de vol simple, ca regle le cout du billet pour noel….. a verifier.
bonne chance
Nous ne sommes mariés que depuis un peu plus de trois mois (j’ai été viré la veille de nos trois mois). Je comptais justement faire l’ajustement ce mois-ci — nous avions été pas mal occupés jusque-là. Cela n’avait rien à voir avec des coûts d’avocat (qui auraient été pris à charge par mon employeur de toutes façons). L’avocate que j’ai choisie me facture un tarif très raisonnable, donc pas de soucis de ce côté-là. Je préfère payer un peu plus pour avoir une professionnelle s’occuper des démarches (et en passant faire une demande pour un permis de voyage), car je n’ai pas envie de faire une erreur bête sur un formulaire et de provoquer un délai inutile dans mes démarches. — Arnaud
Je savais déjà que la situation était différente au Canada, mais tu me le confirmes sur tous les plans. Côté visa, j’ai connu les angoisses du non résident sans emploi mais maintenant je suis Canadienne donc tout est simple. Quant à l’assurance santé, là encore on est plus gâtés au Canada… Je n’ai pas encore commencé à toucher des indemnités de chômage parce qu’il me restait des congés payés à prendre à la fin de mon contrat, mais normalement ça devrait aller assez vite. Quel pourcentage de ton ancien salaire toucheras-tu en indemnités?
En tout cas, bon courage encore une fois!
I guess that you are not mobile, actually ? you like your wine county, your CA winters and the job has to be tele-travail to allow for your hobbies, including educational. Same for the spouse. There are thousands of jobs in the US, but few in the nicest place in the same US.
No, we are mobile. The challenge is in both finding a job somewhere else in the state (my wife is a lawyer, so she wouldn’t be able to work as an attorney in another state until she passes the bar there — we’re not excluding it long term either). We are both looking at this stage, and open to relocating anywhere from the Sierra to San Diego, provided we can both find work eventually. And I’m flexible about what kind of career I’ll pursue (which is why I started taking viticulture and wine-related classes). Right now however I think I might eventually find a tech job in Napa or Sonoma County, which would be commutable for me. — Arnaud