Pesticide

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Of Mice and Cats

Nos chats ont grandi dans un appartement de San Francisco où ils n’ont jamais rien chassé d’autre que des araignées. Aujourd’hui j’étais content de voir qu’ils n’ont pas pour autant perdu leur instinct lorsqu’ils ont trouvé un mulot dans la maison.

Ice chest
Glacière pré-Frigidaire.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

J’aime bien recycler. Pas seulement par souci d’économie. Il y a quelques mois, je trouvai ce petit meuble pour 25 dollars sur craigslist, dans la petite localité montagnarde de Cobb, à une demi-heure. Il s’agit d’une glacière, ou ice chest. Avant l’ère des réfrigérateurs ou des congélateurs, on commandait sa glace au marchand, qui la livrait chaque semaine. On la conservait dans un coin frais de la maison, dans un meuble dédié.

La chambre de la nouvelle maison que nous louons est assez grande. Du coup, j’ai décidé de remiser à la chambre d’amis la vieille Trinitron (qui du reste marche impeccable) pour enfin passer à la haute définition côté télé (la grosse Sony cathodique du living room suivra quand j’aurai trouvé les sous), et j’ai investi dans une superbe Samsung LN32B360. Certes, c’est seulement du 720p, mais à 32 pouces transversaux, ça suffit largement. La migration vers la HD s’était fait attendre mais était devenue indispensable, car j’ai besoin d’une AppleTV pour le boulot, et mes deux vieilles télés n’avaient que de l’analogique ou du S-VHS comme entrées vidéo, et l’AppleTV nécessite de la vidéo composante ou du HDMI.

Suite

Blette

Le jardin de la maison où nous avons emménagé est envahi de pucerons. Plus exactement — et plus correctement, il s’agit de tétranyques, ces minuscules araignées rouges qui aiment à coloniser les belles feuilles vertes. Et pas question qu’ils viennent bouffer mes tomates, mes poirées, sans parler des rosiers déjà établis. Cette saloperie d’insecte est responsable de l’éradication du houblon dans le nord de la Californie au début du XXe siècle (la localité de Hopland, à une demi-heure de la maison, doit son nom aux champs de houblons qui couvraient autrefois l’endroit, désormais remplacés par des vignes et des vergers).

Paquet

Heureusement, cet acarien de sa mère a plusieurs prédateurs. Et l’un d’entre eux est la coccinelle. Et on peut en commander. Sur le site de Home Depot, la demi-pinte de ladybugs coûte 14,95 dollars plus taxe (frais d’envoi inclus). La chaîne sous-traite à une société spécialisée, Ladies in Red. Après commande en ligne, je reçois un appel de la société me prévenant que les insectes sont prêts, et devront arriver à la fin de la semaine.

Et ce soir, devant ma porte, UPS dépose une boîte remplie d’une pinte des jolis insectes. La notice prévient que les coccinelles doivent être dispersées à l’abri du soleil, mais il se couche déjà, et nous sommes à l’ombre. Nous ouvrons donc avec des ciseaux les sachets en plastique dans lesquels sont contenues les coccinelles, et hop, nous les dispersons autour de la maison.

Coccinelles

Au boulot, mesdames. Avec un peu de chance, elles s’attaqueront aux tétranyques. Le problème, c’est que l’utilisation d’insectes pour contrôler la population d’autres insectes relève parfois davantage de la loterie que de la science. Ou plutôt, il y a tellement de facteurs à considérer que le choix de l’espèce prédatrice est une équation difficile à résoudre. Si les coccinelles ne font pas affaire, nous essaierons ensuite la Phytoseiulus persimilis, une autre araignée qui parasite les tétranyques et les éradique progressivement. Le problème, c’est que beaucoup de ces prédateurs des pucerons se plaisent souvent dans un climat chaud, mais humide. Une serre, par exemple. Mais ici à Lakeport, la chaleur est au rendez-vous, mais pas l’humidité. On verra donc si les coccinelles ont un impact sur les parasites. Si oui, je me mettrais peut-être moi-même à les élever.

Burp

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BmupSur le parking du bâtiment IL2, au siège d’Apple. Bump est pourtant plus facile à écrire que « dos d’âne ».


Je viens de passer quatre des dernières quarante-huit heures dans le fauteuil d’une hygiéniste dentaire. Au programme : détartrage et nettoyage des gencives au laser, entre autres. L’ibuprofène est devenu mon pote.

En deux séances, la pro qui m’a infligé ce nettoyage en profondeur n’a pas utilisé une seule fois le mot pain (douleur). À la place, elle semble avoir été formée pour n’utiliser que des formules euphémistiques, du genre :

OK, now you’re gonna feel a little bit of pressure.

Your cheek is going to burn a bit.

You’ll be feeling some discomfort there.

Cette marque de professionalisme et les analgésiques qui y étaient associés m’ont presque fait oublier la programmation abrutissante de KOIT, la radio soft rock mal-nommée de San Francisco, qui fait tourner en boucle une quarantaine de morceaux dont seuls une demi-douzaine méritent la prospérité, tandis que le reste testaient ma faible tolérance pour la merde musicale des trois dernières décennies.

Nous déménageons. La décision s’est faite rapidement. Nous louions depuis deux ans dans une petite maison de Soda Bay à deux pas du lac. Une jolie petite barraque dans un quartier sympa, mais, justement, petite. La deuxième chambre était en fait un petit loft en haut d’un escalier en colimaçon, servant de home office et de chambre d’amis à l’occasion, futon à l’appui. Pas de garage. Un petit bout de jardin, mais pas beaucoup d’espace pour mon potager, sauf à virer le gazon. Et le loyer, négocié en mai 2007, commençait à être sérieusement au-delà des réalités du marché.

Je m’y plaisais toutefois (d’autant que je travaille de chez moi), mais ma douce avait du mal à accepter les conditions, pensant que nous pouvions trouver mieux ailleurs. Après un peu plus d’un an, j’acceptai donc le principe du déménagement, mais à condition de trouver la location parfaite, pour un budget donné.

Que dalle. Il faut dire que le comté n’est pas très peuplé, même s’il possède un grand nombre de résidences secondaires. Et même si l’on y trouve une quantité impressionnante de maisons en foreclusion à des prix très intéressants, les locations disponibles ne nous convenaient pas toujours. Il faut dire que nous sommes difficiles. Pas ou peu de moquette : j’ai passé le plus gros de mon enfance à éternuer à cause d’une grosse allergie aux acariens. Et puis la moquette, c’est souvent moche, et chiant à nettoyer. Un garage, ou au moins un abri pour les véhicules (deux voitures et deux motos, sans compter le petit Zodiac) : nous n’en avions pas là où nous vivions, donc pas question de subir l’enfer d’un déménagement pour les mêmes conditions. Une chambre d’amis avec une porte qui ferme : a priori, ce n’est pas trop demander. Une deuxième toilette : c’est une exigence paraît-il typiquement féminine.

Entrée

Le reste était négociable suivant les circonstances. Et le 13 avril dernier, ma compagne m’envoit par email un lien trouvé sur craigslist. Grape Vines!, s’exclame-t-elle dans le message pour me motiver (apparemment, quelques pieds de malbec, négligés depuis des années, y poussent dans un coin du terrain). Mais c’est autre chose dans l’annonce qui retient mon attention. Le nom de Frank Lloyd Wright y est mentionné. Pour la première fois en presque deux ans, je suggère d’aller visiter une location éventuelle.

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