PurellPhoto : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Mardi, au bureau, le savon assainisseur a fait son apparition dans la station papeterie-courrier du bureau. Peu importe si les toilettes sont juste en face, où on peut se laver les mains avec du bon vieux savon, ce qui reste plus efficace. La paranoïa reste de mise.

Tout fidèle de TJ’s s’identifiera immédiatement à ce clip signé Carl’s Films, une boîte de San Francisco. Version Quicktime.

C’est ma deuxième année en tant qu’apiculteur amateur. L’année dernière se solda mal. Mes deux essaims disparurent. L’un commença à diminuer dès le début de l’automne, et les abeilles disparurent mystérieusement, sans laisser de traces, laissant même derrière elles une réserve de miel. Les conditions de leur disparition furent semblables à celles décrites par d’autres apiculteurs, et désormais désignées comme le Syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (Colony collapse disorder, en anglais).

L’autre essaim semblait suivre la même voie, sans trace de maladie ni d’infestation. J’avais beau le nourrir régulièrement de sirop de sucre, les abeilles n’y touchaient qu’à peine, et la population s’amenuisait à vue d’œil. Et un jour de novembre, la neige eut raison des insectes restants. Le coup de froid arriva subitement, alors même que je me préparai à envelopper la ruche pour la protéger contre le froid, et aménager une entrée en hauteur. J’arrivai trop tard.

Cages
Prise de livraison des essaims à Santa Rosa.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Cette année, je m’y prendrai différemment. J’ai installé au début du mois quatre essaims de deux kilos avec leur reine. Toujours dans la région de Red Hills, dans mon comté de Lake. Les ruches sont au même endroit, à une altitude d’environ 900 mètres, orientées vers le sud, face à un vignoble cultivé biologiquement, à seulement cent mètres d’une mare. Les nuits y sont fraiches, l’une des raisons pour laquelle les Red Hills sont de plus en plus réputées pour leurs grappes, qui sont très appréciées des grandes maisons de Napa.

Après avoir pris livraison des essaims à Santa Rosa (les quelques individus ayant réussi à s’échapper des cages dans la voiture restèrent de toutes façons à l’arrière et ne me dérangèrent pas pendant mon trajet d’une heure et demie), et leur installation dans les ruches, il ne fallu que quelques jours, comme prévu, pour trois des colonies à libérer leur reine de sa cage en grignotant la guimauve que j’avais insérée en guise de sceau. La ruche n°3, pourtant, mit près d’une semaine, et eut besoin de moi. Ces connes d’ouvrières, sans doute des trotskistes m’en-foutistes sursyndiquées, avaient fait preuve d’une spectaculaire incompétence en bloquant l’entrée à la cage de la reine par de la cire, ce qui ne les avait pas empêché de boire en deux jours tout le sirop que je leur avais fourni, alors qu’il en restait un peu dans les autres colonies (ce qui est peu surprenant, car il existe une corrélation entre la production de cire et la consommation de sirop de sucre). J’ai dû donc décoller la cage de la reine pour la repositionner sur un endroit moins envahi par la cire, et permettre à la reine de pouvoir être libérée.

Abeilles
Un essaim fraichement installé.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

J’approvisionne chaque ruche en sirop de sucre tous les deux à trois jours. C’est le printemps, mais les essaims sont jeunes, les nuits encore fraiches (sans parler d’une tempête de grêle il y a deux jours), la floraison débute seulement dans cette région, et je veux encourager la production de larves le plus tôt possible. Deux des ruches ont un nourrisseur de deux gallons (prenant la place de deux cadres), et les deux autres (notamment la ruche n°3) sont des nourrisseurs-cadres traditionnels, contenant environ un gallon chaque. Chaque jeune essaim consomme environ un litre et demi de sirop de sucre (à l’heure actuelle, parts égales de sucre et d’eau) chaque jour. Pas de sirop de maïs au glucose à haute teneur en fructose, pourtant utilisé par de nombreux producteurs de miel industriels ou chinois, ou par les professionnels de la pollinisation, bon marché et facile à se procurer, et dont les effets, actuellement étudiés par le ministère américain de l’Agriculture, sont encore mal déterminés mais semblent plutôt négatifs.

Suite

La guerre des consommateurs contre le sirop de glucose à forte teneur en fructose à base de maïs (high fructose corn syrup, souvent abrégé HFCS) a commencé et l’industrie productrice a commencé sa réplique. Même si les experts continuent de s’affronter sur le sujet, et qu’il ne semble pas exister pour l’instant de preuves concluantes que le HFCS conduit à l’obésité davantage que le sucre de canne ou à base de betterave, le sucre comme ingrédient est désormais un argument de vente. La marque Snapple vante actuellement la nouvelle formule de sa boisson Healthy Green Tea, qui, apparemment en réponse aux consommateurs, est désormais fabriquée avec du « vrai sucre ».

Les clients de Costco savent qu’ils peuvent y obtenir du Coca-Cola fabriqué au Mexique, fabriqué avec du sucre et non du sirop de maïs ultra-fructosé. Le fabricant n’aime guère la pratique, mais, NAFTA oblige, ne peut guère empêcher le distributeur de vendre le Coke mexicain.

Il y a là clairement une niche en pleine expansion, et Pepsi vient de lancer une bouteille pour tester le marché : Pepsi Natural. Le concurrent de Coca-Cola espère conquérir les consommateurs de sodas à l’ancienne ou plus naturels, un créneau où brillent déjà des marques comme Jones, Stewart’s, Boylan, Hansen’s ou Izze, qui sont souvent distribuées dans les magasins, cafés ou pizzerias indépendants, et de plus en plus fréquemment en grandes surfaces, mais dont le succès reste limité.

Le Pepsi Natural, vendu pour l’instant en packs de quatre bouteilles en verre, va plus loin que le Coca-Cola hecho en Mexico, et liste notamment « gomme d’acacia », « arômes naturels » et « noix de cola » comme ingrédients, histoire d’insister sur le côté « naturel ». Pepsi parle même d’« eau pétillante » là où le Coca-Cola mexicain liste « eau gazéifiée », même s’il s’agit ici d’exactement la même chose.


Pepsi Natural

Calories : 150
Sodium : 35 mg
Glucides : 39 g
 Sucres : 38 g

Ingrédients : eau pétillante, sucre, extraits naturels de pomme (couleur), couleur caramel, acide citrique, caféine, gomme d’acacia, acide tartrique, acide lactique, arôme naturel, extraits de noix de cola.

Pepsi

Coca-Cola (Mexique)

Calories : 150
Sodium : 85 mg
Glucides : 39 g
 Sucres : 39 g

Ingrédients : eau gazéifiée, sucre, couleur caramel, acide phosphorique, arômes naturels, caféine.

Coke



Hier soir, nous avons donc effectué une dégustation à l’aveugle de Pepsi Natural et Mexican Coke. Le verdict ?

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Il y a des weekends comme ça qui vous laissent un peu désorientés. Nous n’avons pourtant rien fait qui sort de l’ordinaire. Samedi, c’était cours de danse et sushi à Santa Rosa, puis un rendez-vous dans un domaine viticole du comté où nous avons nos habitudes, puis j’ai un peu commencé à aménager le mini-potager pour y accomoder les jeunes plants de tomates et d’herbes acquis sur le chemin de la maison chez un sympathique fermier du coin (moins d’un dollar la plante, record à battre).

Et dimanche, un peu de boulot (bah oui, nous ne sommes pas les seuls), et visite d’une maison. Pas pour acheter — nous n’en sommes pas là, même si ce serait une bonne période pour ça. Nous aimons bien notre résidence actuelle, mais c’est un peu petit au vu du loyer actuel, qui a été fixé peu avant le crash immobilier, et désormais difficilement négociable au rabais.

La maison visitée a beaucoup d’avantages, notamment l’espace, justement. Elle a aussi quelques inconvénients, notamment l’isolation, ou plutôt son manque. Construite à la fin des années 50, elle ne possède qu’un foyer au bois dans le living room. Rien dans la chambre à coucher, qui reçoit une brise permanente, le produit d’un courant d’air dû à la géographie de l’endroit, en haut d’une colline. Le propriétaire, un agent immobilier qui passe son temps entre L.A. et San José, avoue d’emblée que la chambre nécessitera un chauffage d’appoint l’hiver. Ce qui signifie une note salée d’électricité. Et l’achat d’une machine à laver, qui n’est ici pas fournie. En plus d’un loyer plus élevé, mais que nous sommes décidés à négocier si jamais nous décidons de faire une offre.

Les nouvelles du vieux pays ne sont pas toutes bonnes. Il y a quelques déceptions difficiles à avaler. Ce weekend de Pâques laisse un goût doux-amer, comme une chanson de Delerm.

Mineurs

Extrait de Voyage en Californie par M. L. Simonin, publié dans la revue Le Tour du Monde d’Édouard Charton, chez Hachette, en 1862 :

Les Français, dont le nombre était jadis beaucoup plus élevé, atteignent encore en 1859 le chiffre de quatorze à seize mille. Ils se montraient à Coulterville, comme sur tous les placers, avec les qualités et les défauts que la Providence a départis à notre race. Joyeux et actifs au travail, personne mieux qu’eux ne sait égayer un camp de mineurs. Ils manient avec adresse le pic et la pelle, mais ils se dégoûtent vite, et ne s’entendent jamais entre eux. L’esprit de discipline ne fait pas le fond de notre caractère. Nous ne somme pas non plus des colons stables, nous aimons le changement. Le Français de Californie fait un peu tous les métiers sans jamais s’arrêter à aucun. Enfin, une grande partie de son temps se passe à regretter le beau pays de France qu’il voudrait bien revoir. De là une série de mécomptes, de déboires ; de là une espèce d’inquiétude, de gêne, de mauvaise humeur continuelle qui font prendre la Californie en grippe à presque tous les mineurs nos compatriotes. La Californie n’est pour eux qu’un enfer : elle aurait dû être un Éden, une véritable terre promise.

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