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Passeport
Photo : bebercarpet.
Licence Creative Commons.

C’est le pourcentage de citoyens américains titulaires d’un passeport, soit 88 millions. Le chiffre provient du Département d’État, l’équivalent de ce côté-ci de l’Atlantique du ministère des Affaires étrangères.

Voilà des années que des chiffres divers étaient cités un peu partout, sans jamais citer une seule source. 10%, disaient certains. 8%, voire 6% affirmaient d’autres sans honte. 22%, affirmaient certains médias en 2002, mieux renseignés. Ces pourcentages étaient répétés comme autant de certitude d’une discussion à une autre, repris dans des publications plus ou moins sérieuses, devenant des quasi-vérités que personne n’osait plus remettre en question, un peu comme le rapport entre médecins et citoyens cubains, un autre chiffre qui devient une blague récurrente dans Dieu seul me voit, le film d’Arnaud Despleschin.

Alors certes, le fait que les citoyens américains doivent depuis peu avoir un passeport pour aller visiter le Canada ou Aruba (alors que jusqu’ici un permis de conduire suffisait) a sûrement contribué à une augmentation du nombre de titulaires au cours des derniers mois. La demande en passeports a augmenté de 7% cette année par rapport à 2007. Même Sara Palin, la co-listière de McCain, a obtenu son premier passeport en 2006 pour pouvoir rendre visite aux troupes américaines basées au Koweït et en Allemagne.

Mais il est bon de voir des mythes enfin brisés par une bonne statistique bien sourcée. Alors certes, cela ne fait que moins d’un tiers des Américains qui sont en mesure de visiter un pays étranger. Mais bon, c’est déjà ça.

Motos
L’iPhone ne rend pas justice à la belle brochette de machines qui étaient parquées au coin de Polk et Vallejo à San Francisco ce samedi, notamment la sympathique Triumph Street Triple et la belle Aprilia Shyver.

… Il y a toujours des imbéciles pour croire que les attentats du 11 Septembre relèvent du complot. Il y en a partout, de ces cons-là. Mardi, un blaireau dans sa Dodge Neon m’a dépassé sur la route 29, me permettant de lire ses trois bumperstickers — ce média si typiquement américain — tous dénonçant les « mensonges » qui entoureraient la destruction de ce jour fatidique.

9/11 Was An Inside Job, proclamait l’un d’entre eux. Bien sûr. L’administration Bush et/ou la CIA, deux entités qui se sont révélées d’une incompétence fantastique dans de si nombreux domaines, auraient réussi à mettre en place une fausse attaque terroriste sur le sol américain, et à faire gober leur version aux médias et au public. Bah voyons.

Je passe sur la démarche bancale de ces adeptes de la théorie du complot, dont la caractéristique commune est toujours d’appuyer leurs hypothèses fumeuses sur des détails ou des interprétations soigneusement choisis et isolés parmi une montagne de preuves réfutant le contraire.

Il fut déjà pour le moins agaçant de voir que le premier livre (j’utilise ce mot en me pinçant le nez) pondu pour défendre la théorie d’un complot fut publié par un soi-disant journaliste français. J’entendis ensuite les propos de cette conne de Marion Cotillard, qui aurait mieux fait de fermer son joli minois plutôt que de contredire les conclusions d’experts en génie civil — l’idiote alla même jusqu’à exprimer son doute que des hommes aient marché sur la lune.

Et voilà que Bigard, le spécialiste de l’humour beauf hexagonal, lui dont le style est directement hérité du stand-up américain (il pompa pas mal de ses sketches sur des comiques d’outre-Atlantique, on ne le dit pas assez), se met lui aussi à jouer aux experts ès avionique et démolition.

S’il-vous-plaît, chers compatriotes : pour une fois, juste pour aujourd’hui, fermez vos gueules.

Quand la Tax Foundation, un think tank américain prônant la responsabilité fiscale, utilise la France comme argument pour demander aux candidats à la présidence une baisse des impôts sur les sociétés.

La L.A. Times a sur son site une carte interactive permettant, comme John King sur CNN, de créer votre propre pronostic pour l’élection présidentielle. Les votes des grands électeurs correspondant à chaque état sont ajoutés en temps réel à chaque clic, permettant de mieux apprécier l’importance d’états clé, dont les votes décideront du prochain président.

Carte
Mon pronostic. Publiez le lien vers le vôtre dans les commentaires.

Comme dans les précédentes élections, un certain nombre de swing states, dont la couleur reste à définir, seront l’enjeu du reste de la campagne. C’est là que les candidats vont passer le plus clair de leur temps, ne s’offrant pour répit que des dîners de lever de fonds dans les états où ils sont déjà populaires, ou où ils peuvent recueillir le soutien financier de mécènes.

Ci-dessous, quelques-uns des états qui vont décider du prochain président.

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Clés Allen
À gauche, un jeu de clés Allen métrique ; à droite, un jeu anglais. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

L’un des chocs culturels les moins évidents a priori mais les plus significatifs au quotidien lorsqu’on immigre de l’Europe continentale vers les États-Unis est l’adoption forcée du système américain en matière de poids et mesures.

Oubliez le système métrique, que seuls maîtrisent les scientifiques, les ingénieurs et les militaires. Tôt ou tard, il vous faudra vous habituer à penser en pouces, livres et gallons. Au début, on convertit dans l’unité avec laquelle on a grandi. Et petit à petit, la conversion ne devient plus nécessaire, et on adopte l’unité. Il m’a fallu environ un an et demi après mon arrivée pour oublier les francs, et penser en dollars US. Ce qui tomba plutôt bien, puisque peu après, l’euro prenait le pas, permettant des conversions bien plus faciles. Lorsque je visite la France et que mes parents ou amis citent une somme en francs, je me vois obligé de demander le prix en euros, car la devise défunte de mon pays natal ne me parle plus du tout.

Les longueurs sont les plus faciles à assimiler. Un pouce correspond approximativement à deux centimètres et demi. Facile. Le pied, environ trente centimètres. Le yard, peu usité sauf dans les sports, fait presque un mètre. Le mile, un peu plus d’un kilomètre et demi.

La confusion commence à s’installer lorsqu’il faut faire correspondre une unité à une autre. Il faut douze pouces pour faire un pied, trois pieds pour faire un yard, et 1760 yards ou verges, comme on dit parfois encore au Canada, pour constituer un mile.

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