Les véhicules électriques sont une vieille passion à moi. Quand j’aurais un peu de temps et quelques milliers de dollars à dépenser, je compte bien convertir un chassis en bolide survolté, de préférence une Porsche 914 ou une Volkswagen Karmann-Ghia. Ou, tant qu’à faire, une réplique en fibre de carbone d’une Porsche 356 ou 550.

Maintenant que Tesla a livré ses premiers modèles (commandés plus d’un an à l’avance par l’élite californienne, de Larry Page et Sergey Brin de Google à George Clooney, en passant par Ahnold lui-même), on attend des véhicules plus abordables signés General Motors ou Nissan/Renault. Mais un ex-employé du constructeur de San Carlos a déjà fondé sa propre start-up — pour l’instant en mode furtif (c’est-à-dire au stade de pré-financement) — et a pondu un prototype à deux-roues.

Et tant qu’à construire une machine électrique à partir d’une moto, autant le faire avec une qui ait de la gueule, pour paraphraser le professeur Emmet Brown.

Une Ducati 900ss au pignon arrière surdimensionné a été aperçue ce weekend près de chez Alice, le rendez-vous des motards de Silicon Valley. Elle est particulièrement silencieuse, et pour cause : elle est 100% électrique. Comme les autres véhicules utilisant cette technologie, elle n’utilise pas d’embrayage, et l’accélération est linéaire. La machine atteint les 100 miles à l’heure (160 km/h), et l’autonomie est d’après son créateur de l’ordre de 80 miles (130 km), mais l’objectif est de doubler cette dernière. La moto se charge en 6 à 8 heures sur du 120 volts domestique, ou en moins de deux heures sur du 240 v.

Il ne s’agit pas de la première moto électrique — les premiers prototypes ont été construits il y a plusieurs décennies. Et il existe plusieurs start-ups travaillant et même commercialisant de telles machines, notamment l’utra-légère Enertia de Brammo, ou la motocross Zero X, conçu à Santa Cruz.

Mais une sportive électrique aux lignes élégantes, c’est unique. Voilà un bolide qui pourrait vous dépasser sur I-280 sans se faire annoncer par son moteur. Surveillez les rétroviseurs de votre Prius.

L’un des avantages des grandes villes américaines est l’écletisme des choix possibles en matière de brunch. À San Francisco, il y a quelques vieilles adresses incontournables.

Dans la série classiques, voici le Garden Court, au rez-de-chaussée du Palace Hotel, là où le Financial District se confond dans SoMa. La salle est l’ancienne cour de l’hôtel, là où arrivaient les voitures des visiteurs. Le tremblement de terre de 1906 dévasta le bâtiment, et lorsque l’hôtel rouvrit enfin, trois ans plus tard, le Garden Court fut restauré sous la forme d’un jardin d’hiver. Une nouvelle restauration aura lieu huit décennies plus tard, redonnant son éclat à la verrière surmontant la salle.

Garden Court
Une vieille adresse pour le brunch dominical à San Francisco : le Garden Court. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

C’est cette verrière — ou plutôt, sa réplique hollywoodienne — que Michael Douglas — ou plutôt, son double — traverse dans sa chute à la fin du film The Game de David Fincher, faisant une entrée remarquée.

Le brunch dominical du Garden Court est une institution des vieilles familles san-franciscaines. C’est aussi l’un des rares dans son genre à inclure dans son prix fixe le champagne (Mumm Napa) sans supplément pour le second verre (ou le troisième, si vous insistez). Le brunch est un buffet réparti sous les colonnades bordant la salle, incluant les indispensables habituels de tout breakfast à l’américaine (œufs brouillés, bacon, saucisses, pancakes, fruits), mais aussi évidemment fromages, charcuterie, viandes, légumes, fruits de mer, etc. Deux cuisiniers réalisent crêpes et omelettes sur demande, et une table offre des mets asiatiques — pot stickers, sushis et rouleaux variés — après tout, on est à San Francisco.

Au centre, un trio de musiciens divertit les hôtes avec un répertoire de jazz, côtoyant les desserts, l’orgie habituels de gâteaux. Le service feutré est exemplaire, et la clientèle est un mélange de vieux et plus jeunes couples, copines en sortie, familles célébrant un anniversaire de mariage ou touristes s’offrant une débauche gastronomique après un matin paresseux.

Suite

Entendu ce matin au bureau…

Collègue latina : « Did you see? Those Mexican girls got a medal in the women’s diving event! »

Collègue caucasien et pince-sans-rire : « Was it for our team? »

Café Foot

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C’est pas parce qu’on est un Français exilé en Californie qu’on oublie le football bien de chez nous, le soccer, quoi. Stef (que j’avais interviewé l’année dernière dans un podcast) et Alex (ancien collègue qui a brillé dans la gestion de services en ligne dédiés au sport), tous deux établis dans la même start-up san-franciscaine, partagent, outre leur nationalité, la même passion pour le foot.

Tant qu’à discuter ballon au bureau, autant en faire profiter tout le monde. Les deux compères pondent de façon presque quotidienne une séquence très café du commerce où ils discutent foot français et européen avec Café Foot. Même ceux qui n’apprécient le sport que de loin seront divertis.

C’est en tout cas l’accroche de couverture du numéro de septembre de Vanity Fair. « Ce n’est pas que j’ai eu beaucoup d’amants, c’est que je n’ai pas cherché à les cacher », cite le magazine sur une une illustrée par Annie Leibovitz, qui a photographié la Première dame de France à l’Élysée dans des tenues diverses, toutes très flatteuses et éclairant chacune l’une des facettes de la belle. L’une des photos montre Sarkozy et sa femme dans leur chambre, dans un portrait intimiste inattendu.

« Carla Bruni est une sorte d’alpha female. Elle n’a jamais été une courtisane comme Pamela Harriman [l’ancienne ambassadrice américaine à Paris], mais plutôt un Don Juan féminin », décrit Christine Ockrent, citée par Orth.

Maureen Orth croise le président dans les bureaux du palais, qui ressemble selon elle à ses caricatures d’homme toujours pressé. « Toute sa vie, Nicolas Sarkozy a montré qu’il ne peut pas supporter de vivre sans une femme forte », remarque la journaliste. Elle décrit la rencontre entre le playboy et l’ex-mannequin sous l’intertitre « Two Hunters Met » : le dîner chez Séguéla, qui joue les entremetteurs, le coup de foudre qui suit, l’idylle entre les deux prédateurs, et l’influence de sa nouvelle conquête sur le président. Plus de grosse Rolex en or, plus de jeans à l’Élysée. Et surtout, l’apprentissage du rôle de Première dame, « le métier dont Cécilia ne voulait pas ».


Photo : defrost.ca. Licence Creative Commons.

Bousculades pour les mariages aujourd’hui à la mairie de San Francisco. Dans certaines cultures asiatiques, le 8 est un chiffre heureux. Le maire, lui, est officiellement en lune de miel.

Le San Francisco Bay Guardian publie son Best of the Bay annuel. Meilleur sushi : Blowfish Sushi. Et je ne peux qu’approuver.

• La Cour suprême de Californie confirme ce que la jurisprudence semblait indiquer : les clauses de non-concurrence (que bien des entreprises high tech font signer à leurs nouveaux employés) ne valent strictement rien devant la loi. Les Californiens sont libres de quitter une société pour aller travailler chez un concurrent. Normal.

• On ne peut même plus se sentir en sécurité dans les transports publics san-franciscains. Une collision entre deux tramways de la ligne F Market a fait lundi 14 blessés.

Trois journalistes français se font jeter de la conférence Black Hat, un rendez-vous de hackers dédié à la sécurité informatique et ses contournements. En captant les signaux wifi de leurs confrères, ils avaient réussi à craquer la sécurité du réseau sans fil de la salle de rédaction. Ce genre d’exploit est traditionnel à la conférence, où un Wall of Sheep est dédié à l’affichage des noms d’utilisateurs et mots de passe des individus qui se sont faits pirater pendant l’événement. Le problème, c’est que la salle de rédaction est censée être hors concours. Du coup, les reporters se sont faits mal voir. Les organisateurs les ont donc mis dehors. Difficile de savoir qui est pwned dans l’histoire.

Les amendes pour infractions et tarifs pour le stationnement à San Francisco ont augmenté depuis une semaine — avec un peu de chance, vous ne l’avez pas remarqué. Les amendes de moins de 100 dollars augmentent toutes de 10 dollars, et le permis résident passe à 74 dollars. Ouille.

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