Parrot
La loi contre l’utilisation du téléphone mobile pendant la conduite entre en vigueur demain en Californie. Les entreprises spécialisées se frottent les mains.

Des affiches mystérieuses sont apparues sur les murs californiens depuis un peu plus d’une semaine : Vote Parrot Not Quail, ou en français : votez perroquet, pas perdrix. Le California Quail, ou colin de Californie (Callipepla californica pour les scientifiques), est l’oiseau de l’état. Il est courant dans les campagnes (quoiqu’en déclin dans les zones suburbaines), très facilement reconnaissable à sa huppette plumée, et traverse les routes avec une démarche un peu ridicule.

77 années sans résultats, proclame l’affiche. C’est vrai, la perdrix californienne n’a pas fait grand chose pour le bon peuple de l’état, à part provoquer des accidents de la route. Mais pourquoi la remplacer par le perroquet ?

L’URL indiqué sur la deuxième série d’affiches renvoit à un site dans la tradition électorale américaine demandant le remplacement de l’oiseau imbécile.

Il s’agit en fait d’une campagne publicitaire habile de la société française Parrot, spécialisée dans l’électronique nomade. La loi interdisant l’utilisation de téléphones mobiles pendant la conduite d’un véhicule entre en vigueur le 1er juillet. Voilà une bonne occasion pour Parrot de vanter ses kits mains libres Bluetooth.


Carte grand format
L’odeur de cendres est partout dans Wine Country depuis près d’une semaine. La visibilité, d’ordinaire exceptionnelle (les habitants du comté de Lake s’enorgueillissent d’avoir l’air le plus pur de Californie), est réduite à un moins d’un demi-kilomètre. Je ne peux même plus distinguer l’autre rive du lac. La pollution est également considérable dans les vallées de Ukiah, Sonoma et plus encore Napa. La qualité de l’air est exécrable, entraînant de nombreux troubles respiratoires chez les personnes sensibles. Même Marin et San Francisco sont touchés.

Clear Lake
Clear LakeClear Lake vu du même angle : en haut, en mai 2007. En bas, le 26 juin 2008..
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons

Le Walker Fire est l’un des centaines d’incendies qui ravagent l’État depuis plusieurs semaines. Celui-là a commencé dimanche, sur la bordure entre les comtés de Lake et de Colusa, sans doute le résultat de braises retombées d’un des feux qui sévit depuis samedi dans les comtés de Solano et Napa, désormais contrôlé. Plus au sud, un autre a ravagé plusieurs résidences suburbaines dans l’est de la Baie. Les collines de San Bruno ont également brûlé, les monts Santa Cruz sont eux aussi à nouveau victimes des flammes et la région de Big Sur est menacée.

Le poste de commande des pompiers combattant le Walker Fire est situé dans mon village de Kelseyville, à soixante kilomètres du front. Mardi matin, deux camions ont déchargé un bataillon de types aux visages fatigués et noirs de suie.

Rien que dans le nord de la Californie, CAL Fire estime aujourd’hui à plus d’un millier le nombre d’incendies, dont bon nombre ont été provoqués par la foudre. L’été vient de commencer. Et il s’annonce chaud et sec.

flamingos
Le safari façon Air France : les utilisateurs de Mac resteront au sol.
Photo : Andreu Anguera. Tous droits réservés.

Si, si, vous avez bien lu. Plus exactement, les utilisateurs de Safari ne peuvent pas compléter l’achat de billets sur le site américain d’Air France, celui que nous, pauvres expatriés ou résidents américains, devons utiliser.

Aucun avertissement préalable ne figure sur le site pour prévenir les passagers du problème, qui s’y voient confrontés inexplicablement au stade final de la réservation, après avoir choisi leur vol, saisi leurs informations personnelles, sélectionné leurs sièges et rempli les informations concernant leur carte bancaire. Le clic sur le bouton Confirm your purchase reste inopérant. S’agit-il d’un problème logiciel côté serveur lié au chiffrement utilisé par le navigateur Web ? Peu importe : toutes les autres compagnies aériennes majeures (et l’immense majorité des plus petites) ont des sites compatibles Safari.

Le problème est connu chez le support technique d’Air France, mais persiste depuis plusieurs mois. Le premier représentant auquel j’ai parlé ignorait la date à laquelle cette lacune pourrait être réparée. Un autre, contacté un peu plus tard, m’a parlé de « la fin de l’été ». Les appels des utilisateurs de Mac débordent le centre d’appel nord-américain de la compagnie aérienne française, dont les agents du support technique téléphonique sont obligés de compléter la réservation et le paiement manuellement par téléphone avec les clients.

Alors certes, Harris Interactive conduit depuis peu un sondage en ligne des utilisateurs volontaires du site d’Air France (qui a besoin d’une sacrée mise à jour), mais pas besoin d’être un expert en marketing ou ergonomie Web pour comprendre qu’il s’agit là d’un problème sérieux qui doit être réparé immédiatement.

Karen Gillo, la représentante US du service de presse d’Air France, n’était pas au courant du problème lorsque je l’ai appelée.

Air France a déjà quelques problèmes de taille en matière de service clientèle. La compagnie a par exemple une politique particulière en matière d’appel : si vous être maintenu en attente plus de 30 minutes, vous serez automatiquement déconnecté. Si, si.

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carrousel
La solitude du passager sans bagages.
Photo : Locator. Licence Creative Commons.

Ça n’est pas nouveau si vous suivez ce blog : je suis un peu parano. J’envisage toujours le pire, y compris — surtout — quand je voyage. Alors quand je dois faire ma valise pour quinze jours, avec à la clé un mariage en Floride et un autre en Espagne, je minimise les risques.

Les compagnies aériennes se serrent la ceinture. Cela veut dire qu’elles économisent partout, et désormais font souvent payer pour des services jusqu’ici inclus dans le billet d’avion. La manipulation des bagages à l’aéroport est confiée généralement à un groupe d’employés syndiqués ou une entreprise tierce. Si une compagnie ne paye pas ses factures ou néglige les bonnes relations avec les représentants des bagagistes, la qualité du service peut en souffrir. Ajoutez à ça les inspections de la TSA et/ou des douanes ainsi que l’incompétence de certaines compagnies, et il y a de quoi être nerveux lorsqu’on fait ses valises.

La responsabilité des compagnies aériennes et les droits des voyageurs en la matière sont définis par la convention de Montréal, signée en 1999 par les états membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale, ou ICAO. Le texte, qui amende la convention de Varsovie, fixe à 1000 droits de tirage spéciaux le montant maximum qu’une compagnie peut verser en dédommagement pour chaque bagage perdu, doit environ 1600 dollars US au cours actuel (le cours du DTS change quotidiennement et est fixé par le FMI). La convention de Varsovie fixe le dédommagement à environ 20 dollars par kilo de bagage. Mais vu que le poids des valises enregistrées est généralement limité à 23 kilos pièce, et que les compagnies ne remboursent pas argent liquide ou autres instruments financiers, appareils électroniques, bijoux, ordinateurs ni équipement sportif, même ceux qui peuvent présenter les factures correspondant à leurs biens perdus éligibles y perdent, car les compagnies aériennes sous-estiment systématiquement la valeur des possessions égarées en faisant jouer la dépréciation.

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booze

Plus je voyage en Floride l’été, plus je suis heureux de vivre en Californie. Je plains les motards du coin. Sauf les inconscients qui profitent de l’absence de loi sur le port obligatoire du casque, et qui circulent sur leur machine en shorts, t-shirt et les cheveux au vent. Ceux-là, les squids, comme on les appelle dans le jargon motocycliste américain, sont des donneurs d’organes en puissance. D’un autre côté, comment survivre la chaleur et l’humidité écrasante sous un cuir protecteur et un casque intégral ? Si je vivais ici, il y a fort à parier que l’été je remiserais la moto au garage, comme je l’ai fait pendant les mois d’hiver dans le comté de Lake, gel oblige.

Quatre sièges en cuir sont disposés en cercle devant l’entrée du magasin Nordstrom du mall Westfield de Sarasota. Quatre vieux messieurs sont confortablement installés dans chaque fauteuil. Ils se ressemblent comme des frères : cheveux blancs, pantalons kakis, polos, lunettes. Ils ne se parlent pas, et ne lisent pas non plus. Ils se contentent d’être assis là, en silence, le regard flou, attendant celle qui arrivera la première, leur femme ou la grande faucheuse.

c'est cheese

Même le vigile du centre commercial semble être né pendant le gouvernement Roosevelt — celui de Theodore. C’est un grand sec qui pourrait être imposant s’il ne boîtait pas si sérieusement. Sa présence symbolique relève certainement davantage du quota troisième âge que son employeur doit atteindre pour certains avantages fiscaux que de la réelle dissuasion.

Besoin urgent de pénicilline. Coup de fil au médecin sur la côte ouest, et l’ordonnance est transmise au drive-through de la pharmacie du Walgreens local, ouvert 24 heures sur 24. Il y a une erreur de prénom, que le pharmacien, très courtois, corrige lui-même. « Huh oh. Nous ne faisons pas partie de votre réseau », explique-t-il. Ce qui signifie, pour les heureux non-initiés, que nous allons payer plein pot. « Vous avez une carte Triple A ? » Ben oui, que ferait-on sans AAA ? Je lui tends ma carte, et hop, réduction. Il est gentil, le monsieur en blouse blanche. Il me réconcilierait presque avec le système de santé américain.

Ringling

Déjeunant en terrasse à l’enseigne de Sarasota du restaurant Columbia, j’aperçois Jerry Springer sur le trottoir, accompagné d’une jeune femme que j’imagine séduisante, mais dont je ne vois que le dos. Le présentateur d’émission à scandales vit à Bird Key, à deux pas de là. J’ai presque envie de lui dire tout le bien que je pense de sa carrière politique trop souvent ignorée, car depuis longtemps obscurcie par son statut de pape du sordide télévisuel. Je me demande en sippant mon cortadito si le soutien public de Springer pour Obama serait un handicap plus qu’un avantage. Certainement. Et Jerry le sait sûrement lui aussi. Voilà qui doit être bien douloureux pour un type ayant ses convictions.

Il est bientôt six heures et demie et le bar du Hyatt, auquel je sirote un mojito avec ma douce, est soudain pris d’assaut par les New-Yorkais de la famille du presque marié. Je ne suis guère surpris. Nous avons passé l’après-midi avec eux, sur le sable de Longboat Key. Ils sont arrivés en force, aussi bien équipés pour l’opération qu’un peloton de Marines prenant position dans un village irakien. Barque gonflable pour les gamins, cannes à pêche et appâts de calamar, parasols et, bien sûr, glacière bien remplie. Devant mon sourire incrédule, la smala de Long Island, le produit bruyant d’un Italo-américain et d’une juive est-européenne, s’est installée cinq mètres à peine d’un couple déjà présent (eux aussi new-yorkais, si j’en crois la casquette emblasonnée du logo des Yankees du monsieur, faisant écho à celle que porte la tante de ma moitié), alors même qu’un demi-kilomètre de plage reste disponible sur leur droite.

beach

En deux minutes à peine, les parasols sont plantés, les serviettes déployées, les gamins dans l’eau et la glacière ouverte. Une petite brise soufflant du golfe du Mexique rafraîchit les 33 degrés à l’ombre, et les 100% d’humidité ambiante deviennent vite supportables lorsque le cousin Bob me tend une Corona. Look at that, it’s a commercial, m’enthousiasme-je, admirant la combinaison idyllique entre ma bière estivale et les eaux turquoises.

Ma bibine descendue et quelques pretzels plus tard, je m’aventure dans l’eau, méprisant les consignes sanitaires de mon enfance, reposant sur la croyance solidement ancrée que quiconque se baignant moins d’une heure après un repas risque l’hydrocution, une légende qui a encore la vie dure en Europe.

L’eau est d’une tiédeur délicieuse, et ce coin de la côte reçoit suffisamment de vagues pour permettre aux enfants de surfer sur leur bodyboard. Les pélicans nous frôlent en escadrille, patrouillant les eaux du Golfe à la recherche d’une proie facile. Bob arpente la plage depuis bien dix minutes, cherchant à joindre son bookie au téléphone. Belmont Stakes se tient dans quelques heures, et l’ex-trader cherche à placer un pari. Dans la famille, les hommes aiment le jeu. On parle encore de la fois où l’oncle Pete gagna une généreuse cagnotte à Vegas avec un royal flush. Les ponies sont une addiction familiale pour les mâles de la famille. Le favori de la course est Big Brown, que tout le monde attend dans le peloton de tête.

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