• Le viticulteur-homme d’affaires légendaire Robert Mondavi, qui en 2004 dut vendre son domaine au groupe Constellation Brands, est mort ce vendredi dans son domicile de Yountville. Ce fils d’immigré italien fonda dans la vallée de Napa une entreprise qui forma de nombreux winemakers qui par la suite firent eux-mêmes fortune. Il avait 94 ans.

• Le numéro de mai de Vanity Fair (avec l’éternellement sexy Madonna en couverture, à croire que la diva se nourrit exclusivement du foie de bébés orphelins) inclut le meilleur article de fond écrit sur la pieuvre agricole Monsanto et ses pratiques abusives depuis une paye. Inquiétant, surtout au moment où les députés français se penchent sur la législation sur les OGM.

Dove

• Le Franco-Américain Pascal Dangin, imprimeur et retoucheur professionnel de photos, s’est retrouvé au centre d’une controverse lorsqu’il a expliqué au New Yorker son travail (sous la direction d’Annie Leibovitz) pour la campagne réalisée par l’agence Ogilvy pour Dove, qui à partir de 2005 mettait en scène des « vraies femmes » en sous-vêtements — la plupart d’entre elles des sexy mamas loin du format habituel des mannequins professionnels : « Do you know how much retouching was on that? But it was great to do, a challenge, to keep everyone’s skin and faces showing the mileage but not looking unattractive. » Oups. Et Dove qui comptait sur l’aspect réaliste de sa campagne, et avait justement exigé qu’il n’y ait pas de retouchage. La filiale d’Unilever a promptement réagi avec un communiqué où Dove, Annie Leibovitz et Pascal Dangin s’empressent de préciser qu’il n’y a pas eu retouchage… sauf là où il y a en effet eu retouchage : « Both the integrity of the photographs and the women’s natural beauty were maintained », s’y défend Dangin, qui a dû se faire taper sur les doigts. En clair, outre la suppression de poussières et la correction de couleur, on a enlevé les cheveux rebelles, mais aussi gommé la cellulite et les tachetures, effacé les plis et les rides, et poli la peau des mannequins amateurs. Il y a des habitudes qui sont difficiles à changer.

• La cour suprême de Californie, par un vote de 4 contre 3, a décrété que deux individus du même sexe ont le droit de se marier. Voilà qui a mis du baume au cœur de bien des couples à San Francisco et ailleurs — la mairie de la ville est soudain inondée de demandes de mariage. La décision (qui ne sera effective qu’après 30 jours) a renforcé la crédibilité du maire Gavin Newsom, qui pourrait bien tenter sa chance comme gouverneur de l’État. Reste que la décision judiciaire pourrait être remise en question si les électeurs californiens décident de l’invalider en novembre — la droite conservatrice se mobilise en effet pour soumettre au vote une prohibition du mariage homosexuel en novembre. Au moins, lorsque le sujet reviendra sur le tapis lors de l’élection présidentielle, on ne pourra cette fois pas mettre ça sur le dos de Newsom. D’autant que 6 des 7 juges de la cour suprême californienne sont républicains.

Pinkout

• Les domaines viticoles produisant des rosés secs (la distinction est nécessaire au pays du white zinfandel), rassemblés au sein de l’association RAP (Rosé Avengers & Producers), cherchent à se fabriquer une image associant qualité et informalité. Les ventes de rosés coûtant plus de 8 dollars US la bouteille (apparemment le seul moyen statistique pour séparer rosés secs des white zins, une méthode qui reste évidemment approximative, puisqu’on trouve des rosés de Provence sous cette barre en cherchant un peu) ont progressé de plus de 53% entre février 2007 et février 2008 — ces vins ont gagné en popularité dans les régions de Miami, Seattle, New York et San Francisco. Certains producteurs aimeraient bien voir les rosés perdre leur image féminine, mais à la soirée Pink Out! de mardi dernier, au restaurant Butterfly de San Francisco, le public dégustant les crus roses était davantage composé de cougars et copines en sortie que d’œnophiles virils et machos. Certains viticulteurs (et viticultrices) ciblent d’ailleurs clairement un public féminin avec leurs rosés (reversant parfois les recettes de certains vins à la recherche contre le cancer du sein). Il faudra donc encore pas mal de temps avant que le rosé perde son image de vin pour mauviettes aux US.

• La crise des hypothèques à risque (ou subprime crisis, en bon anglais) n’a jamais été si bien expliquée que par cette édition spéciale de This American Life, co-produite avec NPR News, téléchargeable au format MP3. À travers les entretiens et récits recueillis et produits par Ira Glass et son équipe, on comprend enfin ce qui passait par la tête des financiers et banquiers lorsqu’ils proposaient des prêts immobiliers à des gens sous le seuil de pauvreté. C’est, comme toujours avec TAL, superbement bien fait, ponctué d’humour et d’émotion, et absolument passionnant. Si, si.

CST

La prohibition de foie gras a été levée à Chicago, à la grande satisfaction des cuisiniers de la ville. Il faut dire que l’interdiction, remontant à 2006, ne fut jamais vraiment respectée (il suffisait apparemment d’un petit clin d’œil au garçon pour commander le mets), et fit beaucoup rire en dehors de la ville. Dommage que celle qui entrera en vigueur en 2012 en Californie soit en revanche prise très au sérieux.

Commentaires

2 commentaires sur “Vendredi 5/16 : notes en vrac”

  1. C'est Raoul le 16 mai 2008 18:20

    Très intéressant l’article sur Monsanto, il semble que la prise de conscience sur tous les couts d’une telle appropriation commerciale de l’alimentaire et de l’agricole par un tel géant commence a se faire.

    Une bonne émission hier a la radio de Radio-Can avec Louise Vandelac (une chercheure).
    http://www.radio-canada.ca/radio/vousEtesIci/dossiers.asp?idDossier=101525

    Ca parlait notamment du film sur Monsanto qui a fait débat en France il y a qq semaines.

  2. Vilay le 18 mai 2008 9:52

    Ayant vendu du vin aux Etats-Unis, Robert Mondavi me dit quelque chose bien sûr. J’ai d’ailleur été surpris de la vente (à 7,99 CHF seulement la bouteille) de Robert Mondavi Cabernet Sauvignon 2006 trouvé en promotion chez Denner, magasin discount suisse mais qui vend des produits de marque et de qualité supérieur qu’un lidl ou un norma allemand. Je posterai bientôt un billet à ce sujet.

    Quant au white Zinfandel, on ne m’enlèvera pas de l’idée que c’est du pipi de chat, rien à voir avec un petit rosé du Sud ou un œil de perdrix suisse.

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