Le bourdon du vol

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Le voyage aérien, à moins de posséder son propre Gulfstream ou de pouvoir s’offrir la classe affaire ou première, est rarement une partie de plaisir. Outre les crampes, l’air recyclé, les repas spartiates et la médiocrité du divertissement, il faut subir pendant parfois de longues heures la proximité avec des passagers dont on ne peut échapper l’odeur, les tics ou les banalités.

Bientôt, les passagers volant au sein de l’Europe pourront également endurer leurs conversations téléphoniques. L’Union européenne a donné son aval à une technologie testée sur un Airbus 318 d’Air France, permettant, une fois atteinte l’altitude de 10 000 pieds, le relais des signaux de GSM à travers une liaison satellite.

Le téléphone mobile dans l'avion :

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Pour l’instant, Air France, qui a testé le service SwiftBroadband de OnAir, une filiale d’Airbus, conduit un questionnaire parmi ses passagers (j’y ai participé lors de mon dernier vol, et une bonne partie des questions était axée sur le prix des communications selon le type — voix, MMS, SMS, Web) pendant encore plusieurs mois. Le commissaire de l’Union européenne aux télécommunications, Viviane Reding, a déjà prévenu que les tarifs de ces services éventuels seraient surveillés de près par son bureau.

Airphone
Le mode “Airplane” activé sur un iPhone. Photo : Peter Ouwerkerk. Licence Creative Commons.

Les compagnies aériennes pourront ensuite décider de la mise en application de la technologie. Certaines pourraient limiter le service aux SMS et MMS, avec possibilité d’accès Web pour les appareils qui en disposent. D’autres pourraient permettre les appels, et la question se posera alors de juger si les passagers seront fortement encouragés à limiter leurs conversations à une zone désignée, ou s’ils pourront prendre et passer des appels directement à partir de leur siège.

Les compagnies aériennes ne se sont pas pressées pour intégrer cette technologie, anticipant les grincements de dents de certains passagers qui n’ont guère envie de voir leur minuscule espace vital envahi par le bavardage d’inconnus, une situation qui pourrait facilement créer des tensions. Une zone désignée aux passagers passant ou prenant un appel serait le compromis idéal, mais elle serait évidemment limitée, et risquerait de ne pas accommoder les nombreux accros du téléphone — vous savez, ceux qui dégainent leur mobile dès qu’ils s’emmerdent quelque part — au bureau, dans une queue, dans les salles d’attente, au supermarché — et comptent sur le récepteur de l’appel pour les distraire.

Finalement, la TSA a sans doute raison de confisquer les couteaux et autres objets tranchants à l’aéroport. On imagine facilement comment la situation pourrait dégénérer lorsqu’un passager fatigué est soumis au bavardage incessant d’une pipelette dans le siège d’à côté. L’enfer, c’est les autres. À 3000 mètres d’altitude.

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Commentaires

7 commentaires sur “Le bourdon du vol”

  1. Le Piou le 10 avril 2008 11:01

    J’espere juste que ca sera tres cher…Comme ca, ca restera chez les business/1eres…

  2. Stef le 10 avril 2008 15:04

    Ce n’est pas trop tot! Si l’on met de cote les inevitables pipelettes qui vont embeter les passagers, je crois que tout le monde trouvera utile voire indispensable de passer un appel, par exemple pour dire que l’avion est en retard de 3 heures et que ce n’est pas la peine d’attendre a Roissy pendant tout ce temps. Naturellement, la selection se fera par le prix et cela devrait couter une main, voire un bras. Donc, a terme, les longues conversations telephoniques dans l’avion vont decroitre en meme temps que les utilisateurs prendront conscience de l’impact sur leur facture.

  3. Cécile le 10 avril 2008 15:53

    Je trouve l’idée d’une zone dédiée pas mal. Comme dans le TGV, où il faut aller téléphoner sur la plateforme. Mais comme on entend rien, l’appel dure pas longtemps ;)

  4. Dachmt le 11 avril 2008 4:01

    Il ne faudrait pas que les gens fassent la queue pour accéder à cette zone, et que ça gène les autres passagers dans le cas où il n’y aurait pas de zone dédiée.

    Je suis plus partisant du “sans téléphone”, ça libère de tous ces gadgets avec lesquels on est sans cesse. Les gens lisent, font des mots croisés, écoutent de la musique, c’est quand même mieux que d’envoyer des SMS ou un MMS avec l’hotesse de l’air à côté de vous :)

  5. Le Piou le 11 avril 2008 8:24

    Stef: t’as pas besoin d’appeler pour dire que tu seras en retard, la personne qui t’attends n’a qu’a consulter le site de la compagnie et sait avant de partir quelle est la situation..

  6. Bluelulie le 11 avril 2008 8:43

    J’attends plus la possibilite d’ecrire des emails ou avoir internet que le telephone. Au moins le net ne fait pas de bruit!

  7. Julien le 12 avril 2008 16:09

    En fait, ce qu’il faudrait pour être honete, ce serait un systeme qui coute en fonction des decibels (peu probable ;-))… ou de la durée de communication.
    En gros : tu double le prix de chaque minute “additionelle” : résultat : le coup de fil “urgent” ou rapide ne coute pas tres cher… la conversation qui dure des heures coute d’autant plus cher qu’elle est longue.

    Apres, je vote comme BlueLulie pour Internet; mais bon, certains diront que si on a l’un, on aura l’autre, et ce n’est pas faux!

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