Parmi les merveilles naturelles de la région de San Francisco se dressent les séquoias, arbres gigantesques qui autrefois, avec d’autres conifères, couvraient l’ensemble de San Francisco, sa péninsule et le nord de la Baie. Ils furent abattus en masse au XIXe siècle pour alimenter le bâtiment et l’industrie navale.

Géant
Deux clichés avec un objectif de 28 mm ont été nécessaires pour capturer ce séquoia qui culmine à plus de 100 mètres.
Géants
Géant déracinéPhotos : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Il reste heureusement de nombreux endroits en Californie où l’on peut admirer de spectaculaires exemplaires de ces arbres pouvant facilement atteindre plus de quatre-vingts mètres de haut. Il y a évidemment Sequoia National Park, dans le sud de la Sierra Nevada. Il y aussi le superbe Mariposa Grove du parc de Yosemite, dont l’un des séquoias est estimé à 1800 ans, l’un des plus vieux être vivants de la terre. Et dans la région de San Francisco, il y a bien sûr le monument national de Muir Woods, une destination touristique populaire à seulement une heure au nord de la ville, préservant une impressionnante collection de séquoias et autres pseudotsugas. L’État de Californie gère à lui seul une trentaine de parcs dédiés à ces arbres.

L’un des moins connus d’entre eux est Montgomery Woods, au nord de San Francisco, dans le comté de Mendocino. Cette réserve où l’entrée est libre est perdue entre les vallées d’Anderson et de Ukiah, le long d’une superbe route de montagne qui mène notamment les hippies amateurs de bains en sources d’eau chaude à Orr Springs. L’endroit se prête également à un pique-nique (il y a des tables et même des toilettes à l’entrée), surtout pour ceux qui l’été cherchent un peu de répit du soleil.

L’endroit n’est guère fréquenté car très isolé (à environ trois quarts d’heure du centre d’Ukiah, ou à 1 heure de Philo, dans Anderson Valley), mais il vaut le détour. Le long d’un sentier faisant une boucle se dressent deux des espèces principales de séquoias : le Sierra Redwood, celui qu’on trouve à Yosemite et dans les massifs de l’est californien, et le Coastal Redwood, moins trapu mais bien plus élancé — c’est bien simple, cette espèce est l’arbre le plus haut du monde.

Parmi les nombreux bosquets de séquoias de Montgomery Woods se trouve le Mendocino Tree, qui pendant longtemps fut considéré comme l’arbre le plus grand de la planète. Il a cependant été détrôné par d’autres séquoias récemment mesurés dans le Redwood National Park, près d’Eureka. Mais à 112 mètres et plus de mille ans d’âge, l’arbre atteint le deuxième étage de la Tour Eiffel, et dépasse la Statue de la Liberté de plus de cinq étages.

Le Mendocino Tree n’est nulle part indiqué (l’administration veut éviter de voir sa base endommagée par les curieux) , mais ses coordonnées sont facilement trouvables pour qui cherche un peu.

Napa Cabs

On me le demande souvent, même si je ne suis pas un expert sur le sujet. Mais c’est une bonne question. Une bonne bouteille est un cadeau ou un souvenir plus personnel qu’un t-shirt. Et après tout, le vin californien ne souffre plus de la mauvaise image qui colla longtemps à ses étiquettes, et il reste mal distribué en France, mis à part la piquette bon marché ou les prétentieuses bouteilles d’Opus One qu’on trouve chez Nicolas.

Il n’y a que du bon vin dans la liste ci-après, qui répertorie des bouteilles à prix variés (qui sont toutes dans ma cave), mais toutes inférieures à 100 dollars dans leur version 750 ml (taxe non incluse). Les bouteilles choisies ne représentent cependant que la région de Wine Country au sens large, c’est-à-dire les régions viticoles proches de San Francisco (Napa, Sonoma, Mendocino et Santa Cruz). Les millésimes américains voient généralement beaucoup moins de variation que les vins français, bénéficiant de conditions climatiques relativement comparables chaque année et rarement désastreuses, ce qui rend la sélection beaucoup moins problématique.

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Shortcomings

Shortcomings, par Adrian Tomine.
Drawn & Quarterly. 108 pages.
ISBN 978-1897299166.
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Adrian Tomine est surtout connu pour Optic Nerve, une bande dessinée dont des extraits furent publiés par McSweeney’s (et publiée sous la forme de recueils par l’éditeur montréalais Drawn & Quarterly, qui édite Shortcomings). À 32 ans, ses illustrations sont déjà apparues un peu partout, du New Yorker à Esquire, et même si son nom reste ignoré du grand public, son œuvre est déjà parmi les plus influentes de la culture contemporaine américaine.

Jusqu’ici, Tomine, de descendance nippo-américaine, n’abordait que rarement les questions touchant à l’identité ethnique. Avec un regard ironique sentant le vécu, il raillait les hipsters et les militants, chroniquait les moments gauches de la vie des jeunes adultes, les méandres de malentendus des liaisons sentimentales, et lorsqu’il se représentait dans ses propres histoires, c’était sous la forme d’un geek aux grosses lunettes. Ses détracteurs lui reprochaient souvent d’utiliser cet accessoire pour masquer son ethnicité. Il faut croire qu’avec Shortcomings, Tomine en profite pour leur régler leur compte.

Shortcomings

Dans cette nouvelle bande dessinée (on parle de graphic novel aux États-Unis pour ces recueils visant un public adulte), la plus longue que Tomine ait jusqu’ici pondue, le protaniste principal est Ben Tanaka, un Nippo-Américain vivant à Berkeley qui a quitté la fac pour gérer un cinéma. Il vit avec sa petite amie Miko, et sa meilleure amie est Alice, une lesbienne d’origine coréenne intello et sarcastique. Ben est intelligent mais coléreux, pas méchant mais capable d’accès de vacherie notoires, infoutu de communiquer avec sa nana, qui n’aide pas non plus en réprimant ses propres frustrations.

Dès la troisième page, le cynisme de Ben tue l’enthousiasme de sa petite amie, qui a mis sur pied un festival de films asio-américains en vidéo numérique (Tomine n’invente rien, il existe bien des festivals de courts-métrages lesbiens). « Tout le monde sait que c’est de la merde », râle-t-il au sujet du film mièvre auquel il vient d’être assujetti. « Mais ils applaudissent quand même parce qu’il a été réalisé par une Chinoise d’Oakland. Enfin quoi, pourquoi est-ce que tout doit avoir un message se rapportant à l’ethnicité ? Personne ne veut donc simplement faire un bon film ?».

Suite

BA
Un Boeing 777 British Airways décolle de l’aéroport O’Hare. Photo : michael818. Licence Creative Commons.

C’est le 29 mars que l’accord de réciprocité entre les États-Unis et l’Union européenne Open Skies sera effectif : désormais, les compagnies aériennes américaines et européennes pourront exploiter librement les aéroports des deux continents, sans restrictions gouvernementales sur la route, les horaires ou les tarifs pratiqués. Cette dérégulation mutuelle, entérinée en août 2007 après des négociations qui durèrent des années, va signifier en principe un peu plus de choix pour les passagers. En principe.

Jusqu’à aujourd’hui, les compagnies aériennes non-américaines ne pouvaient desservir les États-Unis qu’à partir de leur pays d’origine. Cette restriction était partiellement contournée à travers différents accords de code-sharing entre compagnies européennes et américaines, mais représentait un obstacle majeur pour les transporteurs du Vieux continent. C’est le problème que Virgin America avait rencontré l’année dernière pour se baser à l’aéroport de San Francisco. Après moults délibérations (et sans nul doute un lobbying intense auprès des législateurs américains), la compagnie aux avions rouges et blancs s’était enfin vue donner le feu vert, et exploite désormais des vols domestiques desservant San Diego, LA, New York/JFK, Las Vegas et DC.

Suite

Nicolas Sarkozy vient donc de présider à la mise à l’eau du quatrième sous-marin nucléaire des forces armées françaises. Cela aidera peut-être à effacer la débâcle du porte-avions Charles-de-Gaulle.

Il y a tout de même un hic. Ce nouveau fleuron de la flotte militaire française a été baptisé « Le Terrible ».

Quel est le problème, me direz-vous ? Après tout, la tradition établie veut que nos sous-marins de type SNLE nouvelle génération soient baptisés d’un adjectif décrivant une qualité louée chez les grands guerriers : redoutable, triomphant, téméraire ou vigilant.

Terrible
Regarde un peu ce sous-marin là : il est terrible.

C’est bien simple : « terrible », en français, signifie « inspirant la terreur ». Soit. C’est ma foi plutôt approprié pour un engin qui peut délivrer à l’ennemi le feu nucléaire des profondeurs de l’océan. Dans le langage familier, l’adjectif prend aussi le sens d’« excellent », « extraordinaire », « remarquable ». Là aussi, ça inspire le respect.

Le problème, c’est qu’en anglais contemporain, terrible a un sens tout à fait différent. Si le sens originel du mot, hérité de l’ancien français, existe toujours dans l’anglais archaïque, le mot a désormais la plupart du temps une signification tout à fait contraire : extremely bad, strongly repulsive, obnoxious, notably unattractive or objectionable, of very poor quality, selon le dictionnaire Merriam-Webster.

Ce faux ami est souvent la source de nombreux malentendus dans les conversations entre Français et anglophones. Je ne compte plus les instances où un compatriote à l’anglais approximatif a décrit un film ou un restaurant comme terrible, voulant signifier exactement l’inverse.

Alors certes, on pourrait arguer qu’après tout, ce sous-marin appartient à la Marine française (de nombreux autres navires ont été ainsi baptisés), et son nom ne doit pas tenir compte des sens qu’il peut avoir dans une langue qui est, après tout, celle d’une nation avec qui nos marins ont eu plus d’une escarmouche jusqu’au XIXe siècle.

Mais il s’agit de la fierté de la France nucléaire dont on parle, là. L’engin va vraisemblablement participer à des manœuvres militaires internationales. J’imagine les communications radios entre le sous-marin français et des homologues étrangers (« Zis is ze Fwench submawine Ze Terwibel ») et les rigolades qui vont s’ensuivre de l’autre côté.

« Le Terrifiant » : ça, ça aurait eu tout autant de gueule. Maintenant, espérons que Le Terrible n’aura pas autant de problèmes techniques que le Charles-de-Gaulle, sinon les forces armées françaises seront, une fois de plus, le sujet des plaisanteries bien grasses des Américains xénophobes.

BG
BG
Vaches sur les collines d’Alpine Road. En haut : Arnaud H. Licence Creative Commons. En bas : Dawn Joggers. Tous droits réservés.

Elles sont arrivées mystérieusement au lendemain de l’explosion de la bulle, broutant paisiblement sur les collines de Stanford, le long d’Alpine Road. Des curieux venaient faire une randonnée dans le coin juste pour les apercevoir. Certains même prétendaient qu’il s’agissait d’une espèce rare importée de Mongolie.

En fait, les belted galloways, ou galloways ceinturées, sont une espèce bovine hybride résultant d’un croisement entre la lakenvelder hollandaise et la galloway écossaise. Il n’en existe que quelques milliers aux États-Unis. On les trouve surtout sur la côte est, mais quelques troupeaux sont désormais de ce côté-ci de la Californie. J’en ai aussi aperçu il y a peu dans la région de Petaluma. Elles sont réputées pour leur viande, mais surtout elles décorent joliment le paysage. Certains les surnomment aussi Oreo cows.

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