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nov
30
Premiers pas en Californie : un guide (1ère partie)
Publié dans pratik | 11 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousLudovic, un jeune Français qui est sur le point de s’expatrier à L.A. (on s’était brièvement rencontré il y a quelques mois lorsqu’il prospectait à SF), me contactait récemment via Skype pour me demander quelles démarches pratiques il aurait à faire dès son arrivée. Sa question me rappela que c’est exactement le genre de chose que je m’étais promis de faire lorsque j’avais enregistré siliconvalleyfrogs.com (d’où le pluriel du domaine), mais, distrait par le boulot et les Californiennes, je ne m’y étais jamais vraiment collé sérieusement. Je vais tenter, avec quelques années de retard, de remédier à cette négligence, en vous demandant, chers lecteurs déjà expatriés ici, de me corriger ou d’amender ces quelques conseils dans les commentaires ou dans le forum.
Voici donc le premier article d’une série destinée aux futurs expatriés. Celui-ci n’est pas spécifique à la Californie, et reste pertinent pour quiconque émigre vers les États-Unis, quelle que soit sa destination.
nov
27
Guide de calendrier de fin d’année
Publié dans blog, bouffe | 3 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousAvec Halloween commence le matraquage publicitaire menant à Noël et à la gueule de bois du Nouvel An. Petit guide des événements de fin d’année aux États-Unis en général et dans la région de SF en particulier.
Mi-fin octobre : festival de la citrouille à Half Moon Bay, où amateurs et professionnels des potagers hivernaux comparent la taille de leur courge. Festivals des vendanges un peu partout dans Wine Country, où les viticulteurs californiens tentent d’émuler le génie du concept du Beaujolais Nouveau en vendant leurs vinasses les plus dégueulasses aux touristes innoncents.

L’arbre à PQ, une espèce qui fleurit à la Toussaint. Photo : roseflower88. Tous droits réservés.31 octobre : Halloween. Les enfants se déguisent et font la manche.
1er novembre : lendemain d’Halloween. Nettoyage du pécu dans les arbres et du vomi dans les chambres des gamins. Confiseries à moitié prix dans les magasins. Les latinos rendent hommage aux morts en musique, prouvant que la Toussaint n’a pas à être un jour de déprime au cimetière. Les campagnes publicitaires pour Noël commencent.
Premier dimanche de novembre : passage à l’heure d’hiver. Le décalage horaire avec l’Europe de l’Ouest augmente temporairement d’une heure, compliquant encore davantage la communication avec le Vieux continent.

La réalité frappa soudain Jack dans toute son horreur : sa maladie était contagieuse, et venait de coûter la vie à sa bien-aimée. Photo : Lacy and Cielle. Licence Creative Commons.Premier mardi de novembre : Election Day. Les quelques Américains qui vont voter lisent les programmes des candidats et les propositions soumises au vote pour la première fois. Le reste d’entre eux s’en fout et endure le joug de la démocratie en regardant la télé.
11 novembre : Veteran’s Day. Les Américains sortent les drapeaux et rendent hommage à leurs anciens combattants et aux soldats déployés dans les pays riches en pétrole.
Novembre : les chrétiens conservateurs gueulent comme chaque année au sujet de la soi-disant laïcisation des fêtes de fin d’année, menaçant de boycotter les magasins politiquement corrects qui font la promotion des « holidays » au lieu de « Christmas ».
Quatrième jeudi de novembre : Thanksgiving. Sacrifice des dindes (à l’exception d’une survivante, grâciée par le président) et engueulade familiale.

Lemmings patientant au petit matin d’après Thanksgiving devant un magasin Target. Photo : djlicious. Licence Creative Commons.Quatrième vendredi de novembre : Black Friday. Coma alimentaire. Nettoyage du vomi. Soldes du lendemain de Thanksgiving, représentant le début officiel du shopping de Noël. Les consommateurs lemmings s’alignent devant les magasins dès 4 heures du matin.
Quatrième dimanche de novembre : embouteillages routiers et aériens record, surtout là où le temps est dégueulasse.
Quatrième lundi de novembre : Cyber Monday. Les salariés de retour au bureau partent à l’assaut des sites marchands pour le début de leur shopping de Noël.
Cinquième semaine de novembre : la saison des arbres de Noël commence officiellement. Des millions de banlieusards et citadins en minivans et SUV prennent les routes de campagne ou de montagne pour aller acheter un arbuste mort, mettant en danger leur vie ainsi que celle de leurs enfants, des animaux et des autres usagers de la route. Restes de dinde à tous les repas.
Décembre : Hanukkah. Les juifs de la côte ouest allument des bougies et râlent collectivement sur l’absence de vrais bagels de ce côté-ci du continent. Les moins traditionnalistes cèdent à la pression de leurs enfants et achètent un Hanukkah bush qui sera orné d’une étoile de David en signe de compromis.
Deuxième ou troisième samedi de décembre : Santarchy à San Francisco. Des centaines de Pères Noël sèment le chaos dans la ville et la confusion dans l’imagination des enfants.

Invasion Santarchy au Pier 39 le 9 décembre 2006. Photo : SirEDW. Tous droits réservés.24 décembre : réveillon de Noël. Seconde engueulade familiale.
25 décembre : Noël. Déballage des cadeaux. Peuple élu et athées se bousculent au cinéma et dans les restaurants chinois.
31 décembre : réveillon du Nouvel An. Les Californiens commencent la soirée en regardant les New-Yorkais baisser la boule sur Times Square et en se demandant comment Dick Clark est toujours en vie.
1er janvier : New Year’s Day. Gueule de bois. Nettoyage du vomi. Des millions de gâteaux de fruits secs sont discrètement jetés à la poubelle. Les bonnes résolutions s’envolent.
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nov
24
Bigots be gone
Publié dans blog, culture | 1 commentaire
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« Soyez reconnaissant de ne pas recevoir ce que vous méritez. »Aux États-Unis, le mot « bigot » a un sens différent de celui qu’il a en France. En français, c’est une grenouille de bénitier, une ouaille qui se préoccupe plus du qu’en-dira-t-on que de l’amour pour son voisin. En anglais, un bigot ([ˈbi-gət]) est un intolérant, quelqu’un qui méprise ceux qui ne pensent pas comme lui. Ces deux concepts ont en commun l’étroitesse d’esprit qu’ils supposent, la haine qu’ils engendrent et la connerie qu’ils nourissent.
Vendredi, le jour d’après Thanksgiving, encore gavés de dinde arrosée de vins de bourgogne et de brandy local, nous avons avec nos hôtes fait un petit détour par Middletown, petite bourgade de la route californienne 29 qui doit son nom à son passé d’étape de diligences entre Calistoga et Lower Lake, histoire de visiter le domaine viticole Langtry et de faire quelques provisions chez Hardester’s pour accomoder les restes de dinde autrement qu’en sandwich.
Et là, en repassant sur la route 29, je remarque ce panneau d’une église locale, tenue par l’un de ces pasteurs évangélistes spécialisé dans le lavage de cerveau dès le plus jeune âge. Nous sommes tous des pécheurs, aiment à rappeler ces Talibans de la Bible (parmi lesquels George W. Bush, comme il l’explique lorsqu’on lui demande son opinion sur les mariages du même sexe). Soyons donc reconnaissants de ne pas recevoir la punition que nous méritons. Bah voyons. Je suis personnellement reconnaissant de ne pas à avoir endurer ce genre de pensée — Dieu merci.
nov
21
Thanksgiving : pas de merci pour la volaille
Publié dans bouffe, culture | 4 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousThanksgiving est aux Américains ce que les réveillons de Noël et du Nouvel An sont aux Français : l’occasion de tous les excès gastronomiques.
Chez nous, ce Thanksgiving, comme chez les Piou, on reçoit. La dinde sera cuite au four, la farce sera relativement traditionnelle, et les seules dérives en matière culinaire seront quelques châtaignes grillées dans une poêle trouée sur le petit grill dans le jardin et l’ajout de compote de pommes dans les ingrédients de la tarte à la citrouille.
Thanksgiving, c’est donc l’occasion pour les cuisiniers amateurs de montrer leur savoir-faire. Les recettes de dinde sont innombrables et souvent surprenantes.

Dinde cuisinée dans un barbecue de type BGE. Photo : bbum. Licence Creative Commons.Dinde au barbecue : s’il existe bien une tradition culinaire typiquement américaine, c’est celle du barbecue. Les Américains, notamment dans le Midwest et le Sud, rivalisent de talent pour griller les meilleures côtes de porc ou les parfaites saucisses. Les puristes du charbon de bois dédaignent les adeptes du gaz naturel, on se chamaille sur les recettes de sauce, et certains jurent par leur BGE, un grill multiniveaux en céramique. Il est donc logique que certains cuisiniers — l’emploi du masculin n’est pas un hasard, car le barbecue est une affaire d’hommes — utilisent leur outil culinaire favori pour rôtir la dinde. L’exercice est périlleux et nécessite de l’expérience, car les plus petites dindes font en général au moins 7 kilos, et doivent être cuites de façon égale à l’intérieur et à l’extérieur.
Dinde frite, dans la grande tradition sudiste. Photo : The Opus. Licence Creative Commons.Deep-fried turkey : une autre tradition du Sud est celle de la friture. La dinde frite se fait elle aussi à l’extérieur, nécessite une marmite suffisamment large, une bonne quantité d’huile, un extincteur et un savoir-faire évident. Grosso modo, les experts estiment que la dinde doit être laissé à frire 3 minutes par livre, ce qui signifie environ une heure pour une dinde de dix kilos — un gain de temps considérable par rapport au four.

Le tofurkey, abomination culinaire. Photo : Tom Higgins. Licence Creative Commons.Tofurkey : le tofurkey est l’une de ces abominations culinaires dont savent nous gratifier les végétariens et leurs cousins fascistes, les végétaliens. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un composé à base de tofou, destiné à remplacer la viande de dinde dans un repas typique de Thanksgiving, histoire d’épargner un oiseau stupide et délicieux.
nov
16
Cucurbitacés
Publié dans bouffe | 3 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, delicious
Ces courges butternut ne demandent qu’à être dégorgées. Photo : Chris Campbell. Licence Creative Commons.Je suis majeur et vacciné, mais il y a toujours des mots qui me font rire. « Cucurbitacé » est une série de syllabes délicieusement ridicule qu’on imagine mal un prof de biologie prononcer sans que quelqu’un pouffe dans le fond, même en troisième cycle. Alors évidemment, en anglais (ou en latin, devrais-je dire, puisque les Anglo-Saxons utilisent le nom scientifique pour désigner cette famille de plantes), c’est beaucoup moins drôle.
La saison des melons et des pastèques est terminée (sauf au Mexique, d’où proviennent ces types de fruits encore disponibles en magasin), mais les potirons et autres courges hivernales ont pris la relève, et le repas traditionnel de Thanksgiving en fait une utilisation généreuse : butternut squash, acorn squash, kabocha squash, spaghetti squash, sweet potato squash, turban squash… Il y en a de toutes les formes et de toutes les couleurs, ou presque, qui se cuisinent en soupe, à la vapeur, à la poêle ou en purée, ou qui sont simplement destinées à la décoration.

Promiscuité et son effet chez les courges. Photo : McBeth. Licence Creative Commons.Mais ça reste quand même rigolo, puisque les butternut squashont une forme particulièrement phallique, et d’autres ressemblent à des légumes avec une méchante éruption d’herpès simplex (l’une des variétés de ces potirons est d’ailleurs appelée « giraumon galeux » chez les francophones). Donc le cochon de Français qui ne sommeille jamais en moi a toujours un prétexte pour s’amuser comme un gamin pré-pubère devant l’étalage de la fermière.
En passant, c’est aussi la saison de la tarte à la citrouille, l’un de mes desserts favoris.
nov
7
Le petit Rudy
Publié dans humeur, politix | 6 commentaires
Publiez sur Facebook, Twitter, deliciousDans la série parallèle politique foireux, Gilles Biassette, correspondant à Dallas pour le quotidien La Croix, nous explique que Rudy Giuliani, ex-maire de New York en campagne présidentielle sous l’étiquette républicaine, veut être un Sarkozy à l’américaine.
Évidemment, il y a de quoi rire. Par où commencer ?
De la même façon que SuperFrenchie (qui hier rencontrait d’ailleurs les présidents français et américain à Washington D.C. avec entre autres expatriés Loïc Le Meur) soulignait il y a quelques jours que l’affirmation de 60 Minutes selon laquelle les Français surnomment « Sarkozy l’Américain » le locataire actuel de l’Élysée n’avait aucun fondement — il s’agissait d’un raccourci journalistique pratique mais honteux — le correspondant texan du quotidien catholique semble affirmer que le candidat républicain s’est trouvé un role model dans la personne du petit Nicolas :
« En fait, Rudy Giuliani veut être le “Sarkozy américain”, trouver les mots pour incarner le changement tout en étant issu du parti au pouvoir. Comme lui, il est petit et énergique ; comme lui, il est ferme en matière de sécurité et libéral sur le plan économique, partisan des baisses d’impôts. Les mauvaises langues ajoutent désormais dans la liste des points communs une vie conjugale agitée. Rudy Giuliani en est à son troisième mariage, et ses divorces ont fait les choux gras de la presse new-yorkaise ! »
Je passe sur l’emploi douteux du point d’exclamation, une horreur que je trouve déjà inacceptable sur un blog amateur comme celui-ci, et a fortiori dans un quotidien national, même si son lectorat ne se résume qu’à la race désormais en voie d’extinction des catholiques de gauche.
Mais là où Biassette donne carrément dans le fantasme, c’est dans son affirmation selon laquelle Giuliani veut être un « Sarkozy américain ». Il n’y a rien pour soutenir cette thèse sinon la mention d’une blague que Giuliani racontait lors d’un récent discours, qui tend d’ailleurs à railler le système français et à mettre en avant la fascination du président français pour les États-Unis. Un rien francophobe, même cette bonne histoire destinée à détendre un public encravaté de coincés conservateurs n’a pas réussi à trouver son public.
Et Rudy Giuliani, « petit » ?
De toute évidence, Biassette n’a jamais rencontré l’ex-maire de New York en personne. Rudy Giuliani fait 1 mètre soixante-quinze selon les estimations les plus conservatrices (5 pieds et neuf pouces et demi), voire 1,78 mètre selon d’autres sources. Sans être un géant, c’est ma foi respectable, et pas franchement qualifiable de « petit », sauf pour quelqu’un qui évolue exclusivement parmi le cercle des joueurs de la NBA. Il se place dans la moyenne des candidats républicains, et est donc deux à trois centimètres plus petit que George W. Bush. Rudy n’a donc pas à utiliser un tabouret lorsqu’il se fait prendre en photo avec le président américain.
Passons sur cette bête erreur. Je ne blâme pas Biassette pour avoir écrit son papier de chez lui : j’ai moi aussi pigé pour des quotidiens étrangers lorsque je vivais en France, ce qui signifie souvent simplement offrir un éclairage sur la politique et la société françaises accessible à un lectorat non-hexagonal, le tout sans avoir à pointer son nez dehors (l’exercice nécessite toutefois quelques efforts stylistiques consistant par exemple à employer « candidat néo-gaulliste » pour « candidat RPR », ou des parenthèses explicatives chaque fois que l’expression « acquis social » apparaît dans une citation).
Mais quand même, Gillou. Certes, la comparaison, même limitée, peut être faite entre les deux hommes. L’éditorialiste Fred Siegel du tabloid conservateur New York Post notait hier que Sarkozy pouvait être vu comme un « French Rudy », et remarquait avec justesse que lors de leur rencontre en 2006, le candidat de l’UMP avait sûrement été inspiré par le « maire du 11 Septembre », et qu’en retour ce dernier pourrait prendre une leçon en stratégie de campagne de la part du président français. Mais de là à affirmer que Rudy Giuliani voit Sarkozy comme un modèle, faudrait voir à pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des connards sauvages. Encore un bel exemple d’ethno-centrisme, tout aussi honteux et bidonné que celui de 60 Minutes
Giuliani veut être président : c’est la seule chose qu’il envie à Sarkozy.
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