Glissement de terrain à North Beach
Photo : marshallstax. Licence Creative Commons.

Petit matin chaud pour un cabaret de déshabilleuses profession- nelles de North Beach : un glissement de terrain, sans doute provoqué par les pluies de ces derniers jours, a provoqué une coulée de boue à l’arrière du bâtiment hébergeant Showgirls Cabaret, sur Broadway. L’immeuble situé sur le terrain en contrehaut, d’où a eu lieu l’affaissement, est sur Vallejo Street, parallèle à Broadway. Sept autres bâtiments sur Telegraph Hill ont été marqués comme à risque, même si les autorités estiment que la colline semble désormais stable. Plus d’une centaine d’habitants ont été évacués.
Les glissements de ce type dans le quartier sont fréquents, mais rarement à ce point menaçants. En 1857, un éboulement similaire, suite à des pluies, avait à une rue de là révélé les cercueils de marins protestants, juifs ou grecs enterrés là pendant la période de la Ruée vers l’or.

Basura

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Basura
Autocollants pour réclamer, respectivement, la collecte de meubles, d’articles à recycler, et de déchets.

Dans les coins dédiés aux photocopieurs et à la papeterie des bureaux américains, on trouve souvent ces trois autocollants, destinés à réclamer la collecte, respectivement, de meubles, d’articles à recycler et de déchets. Et celui qui attire l’attention, c’est le troisième, celui qui sert à étiqueter les ordures : il est bilingue, en anglais et en espagnol. Car qui vide les poubelles des bureaux des entreprises de technologies de pointe en Silicon Valley ? Des employés hispano-américains, généralement travaillant pour une société spécialisée dans la sous-traitance de nettoyage de bureaux et magasins. Certains sont des clandestins envoyant une partie de leur salaire à leur famille au sud de la frontière. C’est là un autre paradoxe américain, où les salariés parmi les plus aisés du pays (et du monde) côtoient les populations les plus pauvres, sans aucune protection sociale, assurance santé ou représentation syndicale, gagnant un salaire minimum ne leur permettant pas généralement de vivre dans la région de San Francisco, mais bien plus au sud, dans les comtés ruraux de Santa Cruz ou de Merced, ou à l’est dans la Vallée centrale, à une heure et demi de route ou plus.
Je sais, les plus cyniques d’entre vous ricaneront gentiment, m’accusant de faire du Germinal sur mon blog, et de n’être qu’un latte liberal cherchant à se donner bonne conscience avec un billet aux accents zoliens.
Mais c’est juste un petit éclairage pour compenser l’optimisme frôlant parfois la naïveté de certains Français qui voient en Silicon Valley un havre de richesse et d’opportunités. L’endroit est en effet idéal pour les entrepreneurs et les ambitieux diplômés voulant se lancer à l’aventure. Mais il ne doit pas faire oublier que malgré toutes les richesses que l’endroit favorise, celles-ci resteront hors de portée de ceux dont le boulot est de ramasser les déchets produits par les riches.

Bourbon and Branch
Photo : Maximum Mitch. Licence Creative Commons.

Pendant la Prohibition, on pouvait toujours trouver un endroit servant de l’alcool, à condition d’avoir les moyens et de connaître les bonnes adresses. Ces débits de boisson clandestins prirent l’appellation de speak easy, simplement parce qu’il fallait y rester discret, histoire de ne pas susciter les plaintes de voisinage qui pourraient entraîner une descente de police.
Plusieurs établissements ont tenté de recréer l’esprit de ces bas-lieux, et Bourbon and Branch est l’un de ceux-là. Situé au coin de Jones et O’Farrell, dans le Tenderloin (l’endroit gagne des points rien que par le quartier douteux où il est situé), le bar n’a ni enseigne, ni fenêtres. Seule une porte à judas et un interphone marquent l’endroit. Pour y pénétrer, il vous faudra avoir fait une réservation sur le site de l’établissement, qui en retour vous aura envoyé un mot de passe, qu’on vous réclamera à l’entrée.

Ceux qui n’ont pas de réservation seront conduits (sous réserve de disponibilité) à la « bibliothèque » (le mot de passe est books), ouverte de 18h à 2h. L’endroit publie ses règles, parmi lesquelles il est recommandé de « parler bas » (speak easy), mais l’établissement semble avoir renoncé au fil des mois à faire respecter cette consigne à la lettre. Très appréciée, en revanche, est celle qui interdit les sonneries de téléphones mobiles.
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Barack Obama
Photo : JasonDeFillippo. Licence Creative Commons.

L’étoile montante du Parti démocrate était hier de passage à San Francisco pour un événement donné en l’honneur de la sénatrice Barbara Boxer, mais c’est véritablement Barak Obama qui a attiré des milliers de militants et curieux à l’hôtel St. Francis et au Ferry Building. Le succès du sénateur de l’Illinois dérange certains qui ne le jugent pas assez African American à leur goût, mais la question de l’identité raciale d’Obama risque de ne jouer qu’un rôle de second plan lorsqu’il sera l’heure des primaires. SNL s’en est déjà donné à cœur joie pour ridiculiser ceux qui jugent qu’Obama ne mise pas assez sur le noir. Plus de photos sur Flickr.

Meth Coffee
Meth Coffee, bien qu’ayant son siège dans le Tenderloin, torréfie un café aux ingrédients 100% légaux. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Silicon Valley est née grâce à la présence fortuite de silicium, de militaires et de génies de l’électronique sous le soleil de la vallée de Santa Clara. La région a maintenu son avance grâce au cercle vertueux de l’infusion de capital risque et de cerveaux importés ou formés dans les universités de la région. Mais tout ce progrès se paye par de longues heures de travail, des weekends sous les néons de bureaux et des nuits blanches nourries à la caféine.

Dans la série marketing provocateur à deux balles (ou à douze dollars la livre, plus exactement), une mystérieuse entreprise san-franciscaine a présenté récemment Meth Coffee, leur produit éponyme, un café 100% arabica auquel est ajouté de la yerba maté, une plante d’Amérique du Sud. Pas de méthamphétamines donc, mais un café que la jeune pousse promet fortement stimulant, visant sans doute les jeunes citadins branchés et les programmeurs nocturnes de Silicon Valley.

J’ai donc joué le jeu, et j’ai demandé à Meth Coffee (via leur site Web) de m’envoyer un échantillon, prétextant qu’après tout, la première dose est toujours gratuite. Et surprise, quelques jours plus tard, j’ai trouvé un colis provenant de “M COFFEE” sur mon palier, avec à l’intérieur un sachet de café moulu.
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Susan Spano, journaliste spécialisée voyage du Los Angeles Times et vivant à Paris depuis 3 ans, raconte ses difficultés à quitter la capitale, et ce qui lui manquera. Un très joli papier par une Américaine dont le regard sur Paris en parle mieux que bien des Parisiens à qui il manque parfois un peu de recul.

Le New York Times publiait aujourd’hui par ailleurs une critique un peu tiède de French Seduction, l’autobiographie de l’historienne de l’art juive américaine Eunice Lipton, vivant à Paris et au rapport souvent torturé avec Paris et sa culture.

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