The Departed

The Departed (Les Infiltrés), réalisé par Martin Scorcese. Scénario de William Monahan.
Avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Walhlberg et Alec Baldwin.
Warner Bros. 152 minutes.
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Badass. Clairement, avec The Departed, Martin Scorcese ressort les flingues et les bastons, les répliques viriles et les insultes imagées, la philosophie de comptoir et les règlements de compte. Cette fois, les gangsters ne sont plus des Ritals de Jersey ou New York, mais ils ont l’accent irlando-américain de Boston. On remplace les cannoli par le Jameson en restant dans le même champ sémantique, avec la même dose de testostérone et d’hémoglobine.

Leonardo DiCaprio et Jack Nicholson
Leonardo DiCaprio et Jack Nicholson dans The Departed.
Photo : Warner Bros. Tous droits réservés.

The Departed est un remake. L’original, Infernal Affairs (Mou gaan dou), est un film hong-kongais de 2002 réalisé par Andrew Lau et Alan Mak, avec Andy Lau et Tony Leung dans les rôles principaux. C’est l’histoire toute en symétrie de deux flics, l’un infiltré dans une triade, l’autre un inspecteur de police secrètement loyal au chef du gang en question. Les identités de chacun des hommes ne sont connues que par leurs mentors respectifs. Les deux protagonistes, tous deux infiltrés depuis des années, découvrent qu’il existe un traître dans leurs rangs, et cherchent chacun à l’identifier. Pour parfaire l’effet de miroir du récit, tous deux ont une liaison avec la même femme, légitime mais bancale avec le flic ripoux, adultère et passionnée avec le faux gangster.
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Samedi soir dans le Castro

Photo par davegolden. Tous droits réservés.

Depuis les années 60, le quartier très gai de Castro est connu — entre autres choses — pour ses rassemblements costumés, bruyants et souvent bien arrosés lors du soir de Halloween.
C’est pour beaucoup de résidents de la région de la Baie l’une des rares occasions où ils osent côtoyer les drag queens, et même les hétéros les plus timides et un rien homophobes osent s’aventurer dans les bars du quartier pour y commander une bière pour leur petite amie.
Cette année cependant, pour éviter les débordements occasionnels des années passées, le superviseur du district Bevan Dufty (l’équivalent d’un conseiller municipal de quartier), qui se représente aux élections du 7 novembre, incite les fêtards de la région à rester chez eux ou à aller dans d’autres villes ou quartiers.
Le Castro sera en effet enceint d’un cordon de sécurité, autorisant l’accès piéton mais seulement dans certaines rues, il n’y aura qu’une scène dressée dans la rue, et, surtout, l’endroit devra être évacué… à 22h30.
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Geai californien
Le geai californien, oiseau beau et con.
Photo : Beeble Um Bum. Licence Creative Commons.

Cela peut sembler étrange à ceux qui me lisent depuis l’Europe, mais Silicon Valley au mois d’octobre se prête particulièrement à un jeu de pétanque. Le climat est méditerrannéen, les espaces verts légion, et le weekend, les autochtones profitent du soleil automnal pour se balader, même si une bonne partie d’entre eux préfèrent l’air climatisé des malls.
Hier après-midi donc, nous enfourchons nos vélos et pédalons vers le campus de Stanford voisin, alma mater des Cardinals et d’innombrables écureils qui aiment à traverser la route au dernier moment, histoire de vous foutre les jetons sur votre deux-roues.
Après un brunch agréable au café du Cantor Arts Center, où l’on peut admirer une collection de bronzes de Rodin et impressionner sa compagnie avec un exposé pédant sur La Porte de l’Enfer, nous avons continué vers le jardin de cactus, un coin bien caché et méconnu où des bénévoles ont il y a quelques années commencé à restaurer un jardin de plantes grasses et autres cacti collectionnés par Monsieur et Madame Stanford à la fin du siècle dernier, dont certains particulièrement rares. Côté faune, on peut y voir avec un peu de chance — outre les rongeurs sus-mentionnés — des lézards, des perdrix de Californie et des colibris d’Allen, qui malgré leur petite taille peuvent être particulièrement bruyants.
Les allées et le terrain environnant sont idéaux pour la pétanque improvisée. Seulement voilà, c’était sans compter sur un geai californien (un Western scrub-jay, ou aphelocoma californica, si vous êtes ornithologue) qui a plusieurs reprises est venu perturber le jeu, apparemment persuadé que le cochonnet a des vertus alimentaires aussi remarquables que sa parfaite sphéricité.
Ami pétanquistes, la méfiance vis-à-vis de ces oiseaux imbéciles s’impose donc. Une carabine à plomb me semble désormais un accessoire idéal. Lorsque le geai se pointe, tirez.

Le Bay Bridge après le tremblement de terre de 1989
Dégâts sur le Bay Bridge après le séisme de Loma Prieta, en 1989. Photo : sanbeiji. Licence Creative Commons.

L’archipel d’Hawaï a été frappé avant-hier par un séisme de 6,7 sur l’échelle de Richter, et du coup les Californiens ont peur. L’USGS, le service géologique fédéral, a aujourd’hui publié des cartes détaillées de la région urbaine de San Francisco (celles des environs de Palo Alto et Mountain View sont préliminaires), soulignant les zones à risque, celles qui pourraient être soumises à liquéfaction — par exemple les quartiers ou villes construites sur des remblais, ou à proximité d’un cours d’eau — ou à un glissement de terrain.
« Si vous vivez dans la région de la Baie, il n’y a pas vraiment moyen d’y échapper », explique la géologue Anne Rosinski au Chronicle. Réjouissant.
Il y a finalement peu de surprises par rapport à la carte préliminaire de la région de la Baie que l’USGS avait publiée il y a déjà quelques mois, mais l’avantage de ces nouvelles cartes est de pouvoir savoir exactement où se situent les risques.
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Aussi méprisante qu’elle puisse se montrer vis-à-vis des émissions de télé-réalité et de l’intérêt qu’engendrent les Paris Hilton et autres Jessica Simpson parmi les foules états-uniennes, la presse libérale (j’entends par là « libéral » au sens américain, c’est-à-dire socialement progressiste) peut se montrer d’une hypocrisie remarquable lorsqu’il s’agit de colporter des ragots sur les politiques locaux.
Voici quelques semaines déjà que la rumeur courait que Gavin Newsom, le fringuant maire de San Franciscain, trente-neuf ans et toutes ses dents, se consolait de sa rupture avec l’actrice scientologue Sofia Milos en sortant à l’occasion avec Brittanie Mountz, une jeune mannequin de bonne famille âgée seulement de vingt ans. Il y a peu, Cecilia Vega, reporter du Chronicle, révélait l’âge de la jeune fille, et avant-hier les éditorialistes Matier et Ross s’amusaient à souligner qu’elle a été vue un verre de vin à la main au cours d’une inauguration, une violation évidente de la loi sur la consommation d’alcool du pays. Les États-Unis sont en effet une aberration juridique en ce sens qu’on peut y conduire à seize ans (voire 15 dans certains États), s’engager dans l’armée à 17, voter à 18, mais on ne peut y commander (légalement) une bière ou un verre de Chardonnay qu’à partir de vingt et un ans.
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L’Express du 28 septembre dernier énonce « cinq bonnes (et belles) raisons d’allers à San Francisco » : la cuisine et les décors de cinéma, évidemment, mais aussi « l’air marin » (elle est bien bonne celle-là), les joyaux du musée De Young et les expositions commémorant le tremblement de terre de 1906.
Côté gastronomie, c’est vrai que nous sommes plutôt bien servis dans la région, même s’il existe une cruelle lacune de restaurants bons mais pas chers (les Angelinos et les New-yorkais sont plus chanceux à ce niveau). Au moins, nous avons désormais notre Guide Michelin, même si le San Francisco Chronicle ne s’en est toujours pas remis.

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