Robert Scoble
Robert Scoble, vidéoblogueur. Photo : Arnaud H.

Comme l’année dernière, j’ai fait le déplacement pour visiter la Podcast & Portable Media Expo, dont c’est la deuxième édition. L’événement a lieu à nouveau à Ontario, ville peu remarquable du Inland Empire sud-californien, mais qui a le mérite d’avoir un aéroport international et d’être à seulement une heure de route de Los Angeles. Le convention center local accueille donc la grand messe du podcasting amateur et professionnel, et a officiellement débuté hier par deux adresses, celle de Leo Laporte, animateur du podcast orienté nouvelles technologies TWiT (il ouvrait également la conférence l’année dernière), suivi de celle de Ron Moore, le producteur derrière la série Battlestar Galactica (pour laquelle je m’enthousiasmais il y a déjà un an), et qui est l’auteur d’une série de commentaires sur la série diffusés sous la forme de podcasts (l’idée étant, pour les fans, de regarder les épisodes enregistrés ou sur DVD tout en passant le commentaire téléchargé de Moore).
Je n’ai malheureusement pas pu assister aux adresses en question, ayant décidé d’arriver en milieu de matinée, mais des comptes rendus sont d’ores-et-déjà disponibles. Laporte l’avait déjà dit récemment et a enfoncé le clou hier matin : il utilise désormais le terme « netcast » au lieu de « podcast ». Quant à son annonce, il y a un an, qu’il n’était pas intéressé par la publicité sur TWiT, vite contredite par l’apparition de celle-ci il y a quelques mois dans son programme : « J’étais naïf », a-t-il concédé. L’air de rien, il semble que ce revenu financier soit le bienvenu pour couvrir les coûts de production de TWiT.
J’espérais me rattraper en suivant ce matin la keynote de Andrew Michael Baron, fondateur et producteur du vidéoblog Rocketboom. Malheureusement, l’adresse de Baron était pour le moins médiocre, et a certainement déçu son audience. On comprend pourquoi le garçon préfère être derrière la caméra que devant, et qu’il laisse le travail de présentateur à une jolie fille (Amanda Congdon jusqu’à juillet dernier, remplacée soudainement avec grand bruit par Joanne Colan).
Heureusement, j’ai aussi rencontré des gens intéressants comme Robert Scoble, ex-blogueur Microsoftien, reconverti en vidéoblogueur pour Podtech avec son Scoble Show, tout excité au sujet de son nouveau boulot, trimbalant avec son compère leur équipement audio et vidéo pour interviewer les différents acteurs de l’événement (il est aussi intervenu dans une table ronde).

Bertrand Lenotre et Thomas Plessis
Bertrand Lenotre et Thomas Plessis à la soirée IODA, vendredi soir. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Côté français, l’Hexagone était bien représenté par Bertrand Lenotre et François Buisson, fondateurs de Podemus, et Thomas Plessis, fondateur de Radio Podcast et Play6 (Bertrand comme Thomas étaient déjà présents l’année dernière).
IODA, qui distribue de façon numérique la musique de plusieurs milliers de labels et distributeurs indépendants, avait une présence remarquée (il ont aussi organisé une soirée très arrosée hier soir au Doubletree Hotel dont je ne me suis toujours pas remis) avec la mise en avant de leur service PromoNet, désormais en bêta publique (les podcasts Des Grenouilles dans la Vallée et Duty Free Mix utilisent notamment ce service). PromoNet permet aux podcasteurs qui s’y inscrivent d’écouter et télécharger les titres mis en avant par certains artistes, et de diffuser ces morceaux dans leur intégralité dans leur podcast. Seule condition requise : signaler via PromoNet les morceaux diffusés, et intégrer sur les blogs ou sites des podcasts les liens générés par le service pour permettre aux utilisateurs de les acheter éventuellement sur iTunes, eMusic ou d’autres magasins de musique en ligne. IODA touche une commission lors de la vente d’un morceau sur l’un de ses services, et revendique déjà quelque 1100 utilisateurs podcasteurs.

Marisol Segal & Tim Byron
Marisol Segal et Tim Byron, sur le stand de IODA. Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Pour l’instant, même si le service est ouvert à tous les podcasteurs, seuls ceux basés aux États-Unis peuvent a priori l’utiliser, car la gestion des droits de diffusion n’est pas prise en charge en dehors du pays. La SESAM pourrait donc venir vous réclamer des sous si jamais vous utilisiez la musique distribuée par le service d’artistes inscrits au répertoire de la SACEM, même si les labels et distributeurs autorisent une diffusion mondiale.
Podango, qui permet notamment aux internautes de créer leur propre bouquet de podcasts et de faire partager ceux-ci, a également eu la bonne idée d’organiser sur son espace exposant des mini-présentations par différentes personnalités (dont Scoble) pour ceux qui n’ont pas voulu dépenser 299 dollars pour l’accès aux ateliers et conférences.
La jeune pousse san-franciscaine Podshow, qui a à sa tête Ron Moore et parmi ses dirigeants Adam Curry, n’a comme l’année dernière pas de présence directe sur l’expo, mais a eu l’excellent initiative d’un open bar près de la piscine du Sheraton local. Une façon un peu insolente de célébrer dans la bonne humeur les 15 millions de dollars levés par la société, une annonce faite la veille de l’ouverture de l’expo. DAG Ventures est la firme qui a contribué à ce second tour de table. Podshow a également annoncé plus tôt ce mois-ci le lancement de BT Podshow au Royaume-Uni. La start-up cherche apparemment à se positionner comme un acteur dans l’industrie des médias. L’annonce a provoqué quelques réactions sceptiques, même si Marshall Kirkpatrick sur TechCrunch veut y voir le signe que Podshow a encore quelques tours dans son sac.
Au total, l’événement semble avoir clairement mûri par rapport à l’année dernière, exhalant une atmosphère plus professionnelle (ce que regretteront peut-être certains amateurs), même si les pros du podcasts n’y auront pas appris grand chose — l’expo est avant tout pour beaucoup une opportunité de réseautage. L’édition 2007 grandira encore, puisqu’elle se déroulera sur trois jours. Des rumeurs circulent déjà sur un nouveau site, qui pourrait être Las Vegas. Cela pourrait permettre à l’industrie du X, boudée par les organisateurs de la Portable Media Expo, d’y dresser boutique de façon non officielle mais efficace. Après tout, le secteur du divertissement pour adultes a commencé très tôt à capitaliser sur le contenu pour appareils mobiles, et il est dommage qu’il n’y ait pas été représenté cette année.

Commentaires

1 commentaire sur “Portable Media Expo, 2e édition”

  1. Denis le 1 octobre 2006 14:11

    Sympatique compte rendu.
    Une nouvelle bulle du netcast est en train grossir semble t’il…

Laisser un commentaire