Craig Newmark
Photo : Laughing Squid. Licence Creative Commons.

Si vous vivez aux États-Unis mais que n’avez jamais entendu parler de craigslist, il est temps de mettre votre peau de bête et de sortir de votre caverne. Lancé il y a un peu plus d’une décennie, à l’époque sous la forme d’une liste de distribution (d’où le nom, « Craig’s List »), il s’agissait à l’époque pour Craig Newmark de partager avec d’autres San Franciscains les bons plans du coin et de faire circuler quelques petites annonces.
Depuis, craigslist a évolué et est devenu un site Web à l’interface archi-minimaliste, mais dont le traffic ne fait qu’augmenter. craigslist est gratuit, et son seul service payant, qui sert à payer les factures et les salaires du personnel, sont les annonces d’emploi postées sur les sites de San Francisco et New York, à des tarifs bien inférieurs à ceux de Monster ou Yahoo! HotJobs. craigslist maintient une approche résolument communautaire, et mise sur la qualité du service avant l’expansion tous azimuts.
Personnellement, craigslist m’a aidé à trouver deux jobs, un vélo, une moto, de la mémoire pour un ordinateur, m’a aidé à vendre des objets divers comme un tapis ou des étagères, m’a rendu service à travers ses forums où j’ai pu trouver conseil sur des sujets variés (et parfois me faire enquiquiner par quelques trolls), et m’a même permis de rencontrer des tas de gens, notamment quelques compatriotes.
J’ai hier envoyé un petit questionnaire à Craig pour une sorte de mini-entretien par courriel. Le voici, sans retouches. Ou vous pouvez aussi lire la version originale en anglais.

Question : Voilà un moment que vous parlez de « journalisme citoyen ». Pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par là, et comment vous voyez ça en pratique ?

Craig : Cela veut dire beaucoup de choses, mais grosso modo, il s’agit de gens qui veulent faire du reportage en dehors d’un média professionnel. L’avantage, c’est qu’un citoyen journaliste sera capable de publier quelque chose qu’un journal aura peur d’imprimer. L’inconvénient, c’est que la vérification des faits se fait après publication.

Q : Certains ont exprimé leurs craintes lorsque eBay a acquis 25% de craigslist en 2004 en rachetant la part d’un ancien actionnaire. Est-ce que l’investissement d’eBay a changé quelque chose dans la façon dont craigslist tourne ? Avez-vous reçu le soutien d’eBay, par exemple au niveau de la bande passante ou du matériel, ou avez-vous échangé des idées ?

C : eBay nous a aidé un peu côté fraude pour la prévention et les procédures, mais essentiellement, la nouvelle de ce côté-là c’est qu’il n’y en a pas. Nous finançons toute notre technologie, donc il n’y a pas beaucoup d’échange de quoi que ce soit.

Q : craigslist a eu tellement de succès sur le marché des petites annonces en ligne que vous avez été accusé de saper les finances des journaux locaux en leur prenant des parts de marché. Quelle est votre réponse à ces accusations ?

C : Nous ne sommes qu’un effet très mineur, et les journaux ont de bien plus gros problèmes, notamment le prix du support qui pourrait bien être trop élevé.

Q : Vous avez votre propre blog. Avez-vous des projets de podcasting, audio ou vidéo ?

C : Non, c’est de la pure vanité de ma part, à laquelle je consacre du temps libre. Rien de plus.

Q : Vous avez maintenant votre propre entrée dans l’Internet Movie Database, depuis le film 24 hours on craigslist. Avez-vous des projets pour jouer quelqu’un d’autre que vous-même ?

C : Non, j’ai déjà bien du mal à jouer mon propre rôle.

Q : Quels sont vos endroits préférés dans San Francisco pour vous relaxer ?

C : Je ne suis pas sûr de savoir ce que vous voulez dire par « me relaxer », mais j’aime bien passer le temps à Reverie Cafe (Google Maps), un café dans mon quartier.

Q : craigslist est un gros succès dans beaucoup de métropoles américaines. Vous avez créé des points d’entrée pour des villes en dehors des États-Unis, mais pour l’instant, craigslist est toujous en anglais. Projetez-vous de le localiser dans d’autres langues ?

C : Nous avons un support multilingue en projet, mais nous ne savons pas pour quand.

Q : Y a-t-il un projet de craigslist Bagdad ?

C : Non, mais j’aimerais bien faire ça, en partie pour soutenir les troupes.

Commentaires

Laisser un commentaire