Savoir-vivre : soyez un expert de comptoir

Ou comment commander dans un bar américain sans avoir l’air d’un con.

Verre à martini
So what’s your poison?
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

Le Français plongé pour la première fois dans l’ambiance d’un bar d’outre-Atlantique peut se retrouver face à un léger décalage culturel, surtout s’il se retrouve au comptoir à commander une tournée. Ici, comme dans d’autres pays, les marques d’alcool ne sont pas toujours les mêmes que dans l’Hexagone. Les cocktails ne portent pas tous les mêmes noms, et il y a un certain jargon à connaître. Voici donc un petit guide à l’usage des Français en virée, histoire de ne pas avoir l’air d’un imbécile lorsque vous vous retrouverez au zinc, à crier votre commande à un bartender pressé par-dessus le mix du DJ local.

Certains des conseils ci-dessous tombent sous le sens pour quiconque a jamais fréquenté un débit de boisson, car certains n’ont rien de culturellement spécifique. D’autres seront peut-être utiles aux nouveaux arrivés ou aux visiteurs. Le bar, comme le café en France, est aux États-Unis le lieu de socialisation par excellence. C’est aussi le lieu privilégié pour la drague, quel que soit l’âge des protagonistes.

N’ayez pas l’air d’un touriste

Les deux erreurs principales commises dans un bar américain par les Français de visite ou fraichement arrivés concernent deux piliers de la culture américaine : le whiskey et les cocktails.

Commençons donc par le whiskey : défini injustement par Pierre Desproges comme « le cognac du con », c’est pourtant une eau-de-vie tout aussi riche et complexe que nos spiritueux hexagonaux. Nombre d’Américains ont une préférence naturelle pour le bourbon, mais ils apprécient aussi les whiskies écossais, irlandais et canadiens. L’erreur numéro un du touriste français dans un bar d’outre-Atlantique est de commander « un whisky », sans préciser de marque. C’est un peu l’équivalent blasphématoire d’un Américain qui commanderait « un verre de merlot » dans un café français. Puisque vous êtes aux États-Unis, goûtez-donc au bourbon, et commandez par exemple un Maker’s Mark, un Knob Creek ou un Bulleit « on the rocks ». Les bourbons se prêtent aussi très bien à la plupart des cocktails faisant appel à un whiskey.

Si vous préférez un scotch ou un whisky irlandais, optez pour un single malt plutôt que pour un blend, à moins de choisir un assemblage haut-de-gamme.

L’autre erreur fréquemment commise par les Européens en visite n’en est pas vraiment une, mais découle de leur fréquente méconnaissance des cocktails. Aux États-Unis, le cocktail est un élément essentiel de la vie quotidienne, au même titre que le vin ou les liqueurs d’apéritif en France. Certains breuvages comme le cosmopolitan ou l’irish coffee sont connus mondialement, mais d’autres, y compris le martini, ne sont pas toujours bien compris des visiteurs du vieux continent. Voici donc quelques petits encadrés et un glossaire pour vous retrouver dans le vocabulaire local.

Si vous avez des choses à rajouter ou des expériences à raconter, n’hésitez pas à le faire dans le forum.

Les classiques

Manhattan
Bourbon ou whisky de seigle, vermouth et amer
Désormais un rien désuet, le manhattan reste néanmoins une valeur sûre, servi traditionnellement dans un verre à martini. Les puristes insisteront sur un whisky de seigle, mais il peut également être composé d’un autre type de whisky, notamment un bourbon.
Adeptes : les hommes, les vrais.

Ramos Fizz
Gin, fleur d’oranger, blanc d’œuf, eau gazéifiée, sucre, jus de citron
Une boisson d’été ou de brunch chic originaire de la Nouvelle-Orléans, quelque peu tombée en désuétude. Pour des raisons d’hygiène, certains établissements n’y ajouteront pas le blanc d’œuf cru qui pourtant est indispensable au fizz (la mousse produite lorsque l’eau gazeuse entre en contact avec le blanc).
Adeptes : gouverneurs de Louisiane et femmes fatales.

Sidecar
Cognac, Cointreau et jus de citron
Inventé à Paris au début du XXe siècle, le sidecar est un des grands cocktails classiques, et connaît de nombreuses variantes. Le sidecar est souvent considéré comme le grand-papa du cosmopolitan. Le cognac est souvent remplacé par un brandy, et le Cointreau par un autre triple sec. Une variante san-franciscaine, le cable car, utilise du rhum comme eau-de-vie.
Adeptes : vieilles dames de la haute et copines en sortie.

Sazerac
Whisky de seigle ou cognac, amer et pastis ou absinthe.
Le cocktail néo-orléanais par excellence, remontant au XIXe siècle. Son nom provient sans doute du cognac utilisé à l’origine par son inventeur, mais pourrait également provenir du nom de l’établissement où il a été inventé. De nos jours, le sazerac est généralement fait avec un bourbon et du Pernod, mais les bartenders puristes et ceux de la Nouvelle-Orléans utiliseront du whisky de seigle et une absinthe ou de l’Herbsaint.
Adeptes : gentilhommes du Sud et snobs d’ailleurs.

ID, please

La plupart des bars ont un videur à l’entrée certains soirs pour contrôler les cartes d’identité des clients. Prévoyez donc toujours d’avoir une pièce d’identité sur vous prouvant que vous avez plus de 21 ans, l’âge légal aux États-Unis. Les sanctions sont sévères pour les employés qui servent de l’alcool aux mineurs (grosses amendes, et parfois prison avec sursis), et si vous n’avez pas de pièce d’identité ou si vous avez moins de 21 ans, vous ne pourrez vraisemblablement pas pénétrer dans ces débits de boisson.

Gardez vos manières

La plupart des zincs possèdent une loading station : il s’agit d’un espace, délimité parfois par des barres métalliques, permettant aux serveurs de poser leurs plateaux pour les charger ou des décharger. Ne vous y installez pas, au risque de vous y faire déloger par une serveuse de mauvaise humeur. Ne criez pas « Bartender ! » pour attirer son attention lorsque le bar est bondé, au risque de passer pour un malpoli. Faites-lui signe en souriant, c’est le meilleur moyen d’être servi rapidement. Soyez prêt : Sachez avant d’appeler le bartender ce que vous allez commander, surtout si l’endroit bouge pas mal.

En Californie, à New York et dans de nombreux états, il est désormais interdit de fumer dans les débits de boisson et les restaurants. Certains bars possèdent un patio à l’extérieur où il est possible pour les fumeurs d’en allumer une, et quelques rares établissements possèdent même un débit de cigares dans l’arrière-boutique où les cigarettes sont autorisées. Mais dans la plupart des cas, si vous tenez absolument à griller votre clou de cercueil, il vous faudra aller dehors, sur le trottoir, sans votre verre — la loi interdit quasiment partout, sauf quelques rares exceptions, la consommation d’alcool sur la voie publique. Boire ou fumer, il faut choisir.

Le pourboire, c’est pas pour les chiens

Comme les serveurs, les bartenders sont rémunérés en grande partie grâce aux pourboires — ils sont même imposés sur les revenus estimés de leurs tips, qu’ils partagent avec leur barback. Le pourboire minimum est de 15% (l’étiquette recommande 20%), et comme ailleurs, il n’est pas compris. Après avoir reçu votre monnaie, laissez votre pourboire sur le comptoir, ou indiquez simplement au bartender qu’il n’a pas à vous rendre la monnaie. Un pourboire adéquat, voire généreux, vous vautra souvent d’entrer dans les grâces d’un bartender, et pourra vous valoir des verres à l’œil.

Certains bars n’acceptent que le liquide. Beaucoup acceptent cependant les cartes bancaires, et ceux qui sont cash only ont généralement un distributeur automatique de billets (ATM) dans leurs locaux ou à proximité immédiate. Si vous avez l’intention de commander plus d’une tournée, indiquez-le au bartender lorsque vous tendez votre carte en précisant : « Leave it open », ou « I’ll open a tab ». Il gardera la carte dans un coin, et vous n’aurez qu’à indiquer votre nom lorsque vous passerez une nouvelle commande. À la fin de la virée, demandez l’addition, et n’oubliez pas de rajouter le pourboire sur le reçu ou en liquide.

Prévoyez un conducteur désigné

Si vous êtes venu en voiture ou en moto, prévoyez une bonne heure après votre dernier verre avant de reprendre la route. Les flics américains ne plaisantent pas non plus avec l’alcool au volant. Un contrôle ou un accident qui révèle un taux d’alcoolémie égal ou supérieur à 0,08% dans le sang vous voudra en Californie une arrestation, la nuit au trou (ou au moins un séjour derrière les barreaux de quelques heures, jusqu’à libération sous caution), le passage devant un tribunal où vous serez condamné à une grosse amende, une suspension de votre permis de conduire et parfois le passage dans un programme de sensibilisation, sans parler de la tache indélébile sur votre casier judiciaire que constituera ce DUI (driving under the influence), qui pourrait vous causer de gros problèmes professionnels (les employeurs américains vérifient souvent l’état du casier judiciaire des candidats à un poste, et peuvent choisir de ne pas vous embaucher sur ce critère). Pour ne rien dire des poursuites au civil dont vous pourriez faire l’objet si jamais vous causez des dommages physiques à des personnes ou des biens privés lors d’un accident.

Si vous n’êtes pas venu en taxi ou à pied, le plus sûr est d’avoir un pote avec un permis de conduire qui ne touchera pas à un verre d’alcool ce soir-là, et qui pourra vous reconduire. La pratique du designated driver (le bob ou la bobette, comme on les appelle en Belgique) est donc chaudement recommandée.

Glossaire

Ale : bière à fermentation haute généralement ambrée, très populaire en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, mais aussi dans l’ouest américain. Il en existe plusieurs types, mais la pale ale est de loin la plus courante ici, notamment la Sierra Nevada, l’une des plus populaires en Californie.

Anchor Steam : marque de bière produite par la brasserie Anchor de San Francisco. L’Anchor Steam est LA bière san-franciscaine par excellence, et la seule bière vapeur encore produite, héritière d’une vieille tradition remise au goût du jour dans les années 70.

Appletini : contraction d’apple martini, ou martini-pomme. Variante du martini, remplaçant le gin par de la vodka et une liqueur de pomme verte ou du jus de pomme. Très en vogue dans les bars parisiens et new-yorkais au début du millénaire, désormais quelque peu passé de mode.

Barback : employé qui travaille derrière le bar et dans l’arrière-boutique. Il est chargé d’approvisionner le bar en boisson, verres propres, et de ramasser la vaisselle sale. La plupart des bartenders commencent par là. Inutile de commander au barback, ça n’est pas son boulot.

Bar-hopping : pratique consistant à faire la tournée des bars.

Bartender : les mots de barman et barmaid ont disparu il y a bien longtemps. Bartender est l’appellation neutre et contemporaine.

Beer : les Américains aiment la bière, qu’on sert dans les soirées les plus chics (voir le podcast Beers and Beeps). Dans les fundraisers où se mêlent la crème de la haute société de San Francisco et les milliardaires de Silicon Valley, il n’y a rien de choquant à sucer le goulot d’une bouteille de bibine en smoking ou en robe de soirée. Même si les lagers industrielles dominent le marché avec les marques des trois grands groupes (Miller, Coors et Annheuser-Busch et sa Budweiser), suivis de près par la marque bostonienne Samuel Adams et les mexicaines Corona et Tecate, la plupart des bars proposent aussi des bières locales ou régionales. En Californie, le principal brasseur artisanal est Sierra Nevada, et dans la région de San Francisco, Anchor Brewing se taille une belle place. D’autres microbrasseries régionales incluent Speakeasy Ales & Lagers (avec notamment leur Prohibition Ale) et Lagunitas et son Indian Pale Ale. Les bières importées se portent bien : Heineken, Stella Artois, Foster’s, Beck’s, Sapporo et Newcastle sont très bien distribuées, et on trouve même parfois de la « 1664 ». Les bières sont généralement servies très fraiches.

Boilermaker : boisson combinant un shot d’eau-de-vie et une bière. Il s’agit soit de verser l’eau-de-vie dans la bière pour boire le breuvage immédiatement, soit de couler le verre de shot tel quel dans la chope de bière avant de boire le tout. Généralement conçu pour être bu d’un trait, le but est en général de se saoûler le plus vite possible.

Bourbon : type de whisky fabriqué au Kentucky à base de maïs. Les marques les plus connues sont Jim Beam, Wild Turkey, Maker’s Mark et Knob Creek (ces deux derniers visant le plus haut-de-gamme). La marque Bulleit a été introduite sur le marché américain en 1999 et s’est taillée une part de marché sympathique, et depuis 2009, le bourbon Four Roses est désormais distribué en Californie et dans d’autres états (jusque là, bien que très connu en Europe, il était introuvable aux États-Unis sauf au Kentucky). À noter que depuis les années 70, la majorité des whiskies écossais de consommation courante sont vieillis dans des fûts ayant contenu du bourbon.

Brandy : eau-de-vie distillée à partir d’un fruit. Le cognac et l’armagnac sont souvent considérés par les Anglo-saxons comme faisant partie de cette famille d’alcools.

Bubbly : vin pétillant ou champagne (familier).

Les contemporains

Irish Coffee
Café, crème, sucre de canne et whisky irlandais
Sans doute le cocktail san-franciscain par excellence. Découvert à l’aéroport de Shannon, en Irlande, par un journaliste du San Francisco Chronicle, le cocktail fut recréé à partir de 1952 par Jack Koeppler, alors patron du Buena Vista Café de Fisherman’s Wharf. Le propriétaire actuel du café a fait des vagues en novembre 2006 lorsqu’il a remplacé le blend privé que l’établissement commandait pour du Tullamore Dew, un whisky irlandais fabriqué à grande échelle.
Adeptes : touristes frigorifiés, conducteurs de cable cars, oiseaux de nuit.

Cosmopolitan
Vodka, Cointreau, jus de canneberge et zeste de citron
Ce coktail, popularisé et modifié par le bartender new-yorkais Toby Cecchini dans les années 80 mais dont il attribue l’origine à une collègue de San Francisco, est servi dans une coupe conique à martini, élégante mais peu pratique à partir du troisième verre.
Adeptes : jeunes femmes citadines et sophistiquées, ou feignant de l’être.

Carbomb
Guinness, whisky et Baileys
Le carbomb (voiture piégée), ou Irish carbomb, est un type de boilermaker : un shot de whisky (irlandais de préférence) mélangé dans une chope de Guinness, et immédiatement arrosé d’un shot de Baileys Irish Cream. Une variante consiste à lâcher un shot consistant de moitiés égales de whisky et de Baileys tel quel dans sa bière. Souvent commandé pour relever un défi d’ivrogne, et bu d’un trait.
Adeptes : frat boys, flics déprimés et pompiers fêtards.

Godfather
Scotch et amaretto
La virilité simple d’un whisky et d’une liqueur italienne — Disaronno de préférence — en quantités égales. Le godfather est un cocktail encore un peu confidentiel, mais de plus en plus apprécié. Son pendant, le godmother, remplace le scotch par de la vodka.
Adeptes : mafiosi italo-irlandais et citadins branchés.

Long Island Iced Tea
Vodka, gin, tequila et rhum
Du triple sec et du cola font parfois aussi partie de ce cocktail au nom trompeur. Même s’il ressemble à un thé glacé, sa composition n’a rien à voir, et ses ingrédients en font un breuvage particulièrement costaud en alcool.
Adeptes : Marge Simpson et victimes de chagrins d’amour.

Cab : cabernet (familier). La plupart des vins californiens sont des monocépages. Il est donc courant de commander un vin suivant son cépage. La plupart des bars américains ont au moins un cabernet-sauvignon, un chardonnay et un merlot à leur carte, et accessoirement un zinfandel, un pinot noir ou un syrah.

Chard : chardonnay (familier).

Club soda : eau gazéifiée.

Coaster : sous-bock.

Cover : droit d’entrée. Certains bars font payer un droit d’entrée certains soirs lorsqu’un groupe ou un DJ s’y produit, en général entre 5 et 20 dollars. Il est parfois possible de négocier le tarif à la baisse lorsque vous arrivez en groupe, surtout si c’est votre jolie copine qui se charge de la discussion.

Diet Coke : Coca Light.

Dirty martini : martini agrémenté d’un jet de jus d’olive.

Dive bar : petit bar de quartier sans prétention, souvent ouvert tard. Parfois simplement dit dive.

Draft : boisson à la pression. Draft beer signifie « bière à la pression ».

Ginger ale : le nom générique du soda au goût de gingembre connu en France quasi-exclusivement sous le nom de Canada Dry. Cette dernière marque produit ici différents sodas sous ce nom, donc commander un « Canada Dry » provoquera la confusion à coup sûr.

Hangover : gueule de bois. Est également utilisé comme verbe.

Happy hour : équivalent approximatif d’un apéritif de soirée. L’happy hour commence généralement vers 17h et dure de une à trois heures, et certaines boissons y sont meilleur marché pendant sa durée.

Highball drink : désigne une boisson servie dans un verre de type verre à orangeade, grand et étroit.

Jello shot : boisson consistant d’un alcool fort et d’un morceau de jello dans un shot. Ce breuvage peu ragoûtant pour les palais franchouillards est typique dans les frat parties.

Lemonade : citronnade. Autant le savoir tout de suite : la limonade n’existe principalement aux États-Unis que sous la forme de sodas comme Sprite, Seven Up ou Mountain Dew. Une lemonade est un faux-ami désignant logiquement une citronnade.

Lemon drop : shot de vodka, jus de citron et sucre.

Margarita : cocktail composé principalement de tequila, triple sec et de jus de citron vert. L’origine de cette boisson reste floue. Qu’elle ait été inventée au Texas, en Californie ou au Mexique, la margarita est avant tout un cocktail estival et festif. Le serveur vous demandra presqu’à coup sûr si vous la voulez avec ou sans sel sur le bord du verre. Une variante, la iced margarita, inclut de la glace pilée, mélangée au reste des ingrédients au mixeur, en faisant la boisson alcoolisée idéale près de la piscine, avec ses cousines exotiques que sont la piña colada et le daïquiri. La mango margarita inclut du jus de mangue au mélange.

Microbrew : microbière (parfois aussi microbeer). C’est aux États-Unis que le mouvement des microbrasseries a véritablement explosé, et de nombreux établissements (microbreweries) brassent leur propres bières.

Neat : sec, sans glaçons.

Old Fashioned : whisky servi avec sucre, amer et une cerise, mais les recettes varient. Il s’agit d’un des plus vieux cocktails — peut-être le plus vieux — un peu tombé en désuétude, mais toujours commandé par des vieilles dames ici et là.

Pitcher : carafe de bière. Si vous êtes plusieurs à avoir envie de bibine, de nombreux débits de boissons servent la bière en carafe.

Round : tournée. To buy a round signifie « offrir une tournée ».

Rum : rhum, évidemment. Les marques les plus populaires sont ici Captain Morgan, Bacardi, Myer’s et Mount Gay. Malibu est également populaire, mais n’est généralement pas considéré comme un rhum. À noter que le Havana Club de Bacardi commercialisé aux États-Unis est produit à Porto Rico par le groupe Bacardi dont le siège est aux Bermudes, et est donc différent de la même marque commercialisée en France par le groupe Pernod Ricard, distillée elle à Cuba.

Rye whiskey : whiskey de seigle. Parfois synonyme avec whiskey canadien, même si tous les whiskies du nord de la frontière ne sont pas faits avec du seigle, et que le seul whiskey 100% seigle est désormais distillé à San Francisco par Anchor. Le whiskey de seigle est l’ingrédient principal dans un manhattan traditionnel.

En anglais, ils s’appellent…

Bay Breeze : vodka, jus de canneberge (cranberry) et d’ananas
Black Russian : vodka et liqueur de café
Cape Cod : vodka et jus de canneberge
Greyhound : vodka et jus de pamplemousse
Screwdriver : vodka et jus d’orange
Sea Breeze : vodka, jus de canneberge et de pamplemousse
White Russian : vodka, liqueur de café et crème

Scotch : whisky écossais. Évitez de commander un scotch si vous êtes dans un bar irlandais, où le patron est sûrement fier de son héritage gaélique (les Irlandais revendiquent l’invention du whisky). Parmi les blends (assemblages) de consommation courante, le J&B n’est pas aussi populaire outre-Atlantique qu’il l’est en France, mais Dewar’s et Johnny Walker sont incontournables, ainsi que Ballantine’s et Chivas. Voir aussi single malt.

Seven & Seven : cocktail consistant en quantité égales de whisky Seagram Seven et de Seven Up.

Single malt : whisky provenant d’un fût unique, par opposition à un blend, qui est un assemblage de plusieurs whiskies. Les single malts sont davantage appréciés des connaisseurs qui le boiront tel quel, parfois sec, sans le mélanger à un autre breuvage. Parmi les single malts écossais les plus courants, on trouve Glenfiddich, Glenlivet, Lephroaig, Glen Grant, Aberlour, Macallan ou Bowmore.

Soda water : voir club soda.

Sparkling water : eau gazeuse minérale. Perrier et San Pellegrino, bien sûr. En revanche, pas de Badoit ni de Saint-Yorre, mais il existe plein d’eaux locales équivalentes.

Stout : bière brune.

Syrup : sirop. Pas de diabolos-menthes outre-Atlantique. Si tante Léonne insiste pour sa boisson favorite, commandez un sirop de menthe avec un Sprite. On trouve parfois dans certains cafés un assortiments de boissons de style diabolo, ici appelées Italian sodas, avec des parfums inédits en France.

L’incontournable

Martini
Gin ou vodka et vermouth blanc
Le martini est une institution américaine, et sans doute le cocktail le plus connu. Plusieurs légendes existent concernant la naissance de ce cocktail, qui n’a rien à voir avec la marque de vermouth italienne du même nom.
La recette est simple : un fond de vermouth blanc mélangé à du gin, agrémenté d’une olive verte. Son cousin proche, la vodka martini, a été popularisé par James Bond, et remplace le gin par de la vodka, et l’olive par un zeste de citron. Il a désormais supplanté l’original en terme de popularité au cours des deux dernières décennies, et nombreux sont ceux qui commandent un martini en s’attendant à la version vodka. Afin d’éviter toute mauvaise surprise, si vous préférez cette dernière variation, précisez-le en commandant une « vodka martini » (ou en nommant votre marque préférée de vodka).
Certains buveurs commandent parfois un « dry martini », signifiant par là une plus petite dose de vermouth, mais la plupart des bartenders ignorent cette requête, puisque de nos jours, la pratique consiste de toutes façon à n’utiliser que très peu de vermouth (environ un volume pour cinq de gin ou de vodka), juste assez pour « rincer » le verre conique dans lequel ce cocktail est servi traditionnellement.
Il connaît de nombreuses variantes : apple martini, chocolate martini, lychee martini, et j’en passe, mais les puristes ne reconnaissent guère que l’original et la vodka martini.
Adeptes : hommes d’affaires, James Bond.

Tab : ardoise. To open a tab signifie « ouvrir une ardoise ».

Tap : pression. What do you have on tap? signifie « Qu’avez-vous à la pression ? ».

Tennessee whiskey : appellation désignant un whisky fabriqué au Tennessee, selon une méthode proche du bourbon, mais incluant une filtration au charbon de bois. Seules deux marques répondent à cette appellation, la plus connue étant Jack Daniel’s, souvent incorrectement désignée comme un bourbon.

Tequila : les Californiens apprécient cette eau-de-vie presque autant que leurs voisins au sud de la frontière, ingrédient essentiel de la margarita. La tequila existe en plusieurs versions : 100% agave (la plante grasse à sa base) ou mixed (ou mixto, diluée dans d’autres ingrédients, meilleure marché mais de qualité moindre). Il existe ensuite plusieurs types de vieillissement, dont les principaux sont blanco (non vieillie), reposado (vieillie entre deux mois et un an) ou anejo (entre 1 et 3 ans). Les tequilas les plus vieillies peuvent se déguster telles quelles, tandis que les blancos font des ingrédients très respectables de cocktail, ou se boivent en shots cul sec. José Cuervo domine le marché avec son Especial (une mixto), mais les tequilas haut-de-gamme 100% agave comme celles de Patron sont de plus en plus appréciées.

Tiki bar : bar au thème polynésien, dont le concept fut inventé par Victor Jules Bergeron, qui commença sa carrière comme serveur à l’hôtel Fairmont de San Francisco, avant d’ouvrir son bar Hinky Dink’s à Oakland où il créa le mai tai, un cocktail à base de rhum. Il fonda plus tard la franchise Trader Vic’s. On sert aussi dans les tiki bars des cocktails tropicaux et fruités comme des daïkiris, des piña coladas, des margaritas et d’autres créations colorées souvent imposantes par leur stature.

Tip : pourboire. Il n’est pas obligatoire, mais il est indispensable.

Triple sec : liqueur à base d’oranges amères. En France, le curaçao est souvent synonyme de triple sec, ce qui n’est absolument pas le cas aux États-Unis, où le terme désigne une liqueur claire. Les plus populaires sont Cointreau et Grand Marnier.

Tonic water : soda à la quinine, connu en France presque uniquement sous la marque Schweppes. Ne commandez donc pas un « Schweppes », sauf si vous tenez à avoir l’air d’un con. L’adjectif « tonic » dans une boisson signifie donc la présence de ce type de soda dans la boisson. Aux États-Unis, on ne commande pas un « gin tonic », mais un gin and tonic.

Vodka : Le marché américain s’est vu envahi depuis la fin des années 90 par de nombreuses vodkas haut-de-gamme, notamment la Grey Goose, distillée en France pour le groupe Bacardi. Ce créneau est également attaqué par les vodkas Chopin et Belvedere, ainsi que par les Californiennes Hangar One et Charbay, qui sont souvent présentes dans les bars de l’État. La hollandaise Ketel One est très populaire dans le milieu de gamme.

Well : alcool de consommation courante placé sous le bar, et que le bartender utilisera par défaut dans les cocktails, à moins que vous ne précisiez une marque spécifique. Si vous demandez une vodka tonic, par exemple, la vodka du well sera par exemple de la Stoli, voire de la Gordon infâme si vous êtes dans un boui-boui de routiers. Si vous avez donc une préférence pour une marque spécifique, précisez-le, et demandez par exemple une Grey Goose and tonic.

Wheat beer : bière de blé.

Whiskey : la famille du whiskey (l’orthographe américaine insiste sur le « e ») inclut les bourbons et les whiskies de seigle (rye whiskies), et englobe à la fois les blends (assemblages) et les singles malts. Les whiskies sont aussi distingués par leur origine : Écosse (scotches), Irlande, Canada et évidemment États-Unis. Les blends écossais Dewar’s, Johnny Walker, Chivas et Ballantine’s sont les plus courants (J&B est présent mais ne jouit pas de la même popularité qu’en France). Côté single malts écossais, les marques Aberlour, Glen Grant et Glenlivet détenues par Pernod Ricard sont courantes aux États-Unis, ainsi que Glenfiddich, Balvenie, Bowmore, Macallan, Laphroaig ou Dalmore. Les pubs irlandais sont toujours fiers de servir les blends Jameson, Tullamore Dew ou Bushmills (ce dernier, qui existe aussi en single malt, provient d’Irlande du Nord et est parfois boudé par certains pubs). Les whiskies canadiens sont parfois synonymes de whisky de seigle, même s’ils ne sont pas tous faits à partir d’au moins 51% de seigle malté. Les marques canadiennes de consommation courante les plus connues sont Canadian Club, Seagram’s VO et Crown Royal.

Zin : zinfandel (familier). Ce cépage rouge est typiquement californien, un cousin du primitivo italien. White zin désigne familièrement un rosé fruité et sucré produit à partir de ce même fruit, que les œnophiles snobent généralement.

Les présents et les absents

Introuvables :
Ambassadeur, Clan Campbell, Cusenier, Get 27, guignolet, panaché, Suze.

Plus difficiles à trouver :
1664, absinthes, armagnac, Byrrh, calvados, Chartreuse, Cynar, Dubonnet, Lillet, anisette Marie Brizard, Orangina, Ricard.

Dans tous les bons bars :
Campari, Chambord, cognac, Fernet-Branca, Pernod, Stella Artois.


– Pub –