Joëlle, qui produit pour la radio suisse RTN la chronique « Libre escale », m’a interviewé la semaine dernière sur le thème de San Francisco.

ayeRobot

Il y a des technologies, comme le téléphone mobile, qui semblent désormais avoir toujours été là. Je suis sûr qu’il existe des petits cons de moins de vingt-cinq ans n’ayant jamais eu à utiliser de cabine téléphonique, ou qui n’ont jamais connu l’époque où pour rester en contact avec des amis à l’étranger ou à l’autre bout du pays, il fallait prendre un stylo et acheter un timbre-poste.

Mais on peut facilement mesurer l’accélération du progrès technologique lorsqu’il faut moins d’une décennie pour permettre à une invention de s’imposer dans un grand nombre de foyers. Ci-dessous, cinq inventions ayant moins de dix ans qui sont devenues quasi-indispensables dans ma vie quotidienne (ou qui me manqueraient considérablement si je devais y renoncer).

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Non, je ne suis pas en train d’essayer de vous convaincre de me soumettre vos informations personnelles en échange d’un peu de cash. Il s’agit juste ici de partager un tuyau entre expats.

Le système judiciaire archi-litigieux des États-Unis a parfois des avantages : suite à une plainte contre les principales sociétés de cartes bancaires américaines, les consommateurs titulaires d’une ou plusieurs cartes utilisée à l’étranger (donc en dehors des États-Unis entre 1996 et 2006) ont droit à un modeste dédommagement financier pour compenser les tarifs abusifs pratiqués par les sociétés de crédit sur les taux de change.

Les cartes bancaires en question sont Visa, MasterCard et/ou Diners Club, de type crédit et/ou débit immédiat, délivrées par une institution bancaire américaine. Les consommateurs qui tombent dans le cadre de ce règlement (PDF) (qui inclut tous ceux qui sont titulaires d’au moins une telle carte délivrée avant le 8 novembre 2006) ont trois options :

• Un Easy Refund de 25 dollars US. Cette option est recommandée pour ceux qui ont voyagé en dehors des États-Unis pendant mois d’une semaine pendant la période donnée, ou dont les transactions effectuées avec la ou les cartes incriminées se montent à 2 500 dollars US ou moins.

• Un Total Estimation Refund basé sur une estimation de vos dépenses pendant la période en question, recommandée pour ceux qui ont voyagé plus d’une semaine en dehors des États-Unis, ou qui ont dépensé plus de 2 500 dollars US avec la ou les cartes en question. Un questionnaire très basique permettra de déterminer a posteriori le montant des dommages, qui sera plafonné à 1% des transactions à l’étranger.

• Un Annual Estimated Refund, basé sur les transactions déclarées pendant cette période sur chaque année. Les dommages seront plafonnés de 1 à 3% des transactions effectuées avec les cartes en question à l’étranger. Les justificatifs n’ont pas à être fournis pour en faire la demande, mais pourraient être demandés par la suite en cas d’audit.

Les consommateurs ont jusqu’au 30 mai pour choisir une option et la soumettre. En ligne, il suffit d’aller au site Web du Settlement Administrator et de télécharger l’un des formulaires correspondant à l’option choisie.

Boonville se mérite. Situé au cœur d’Anderson Valley, dans le comté de Mendocino, au nord de San Francisco, c’est un patelin minuscule surtout connu pour être le siège d’Anderson Valley Brewing Company, l’une des microbrasseries les plus réputées de la Californie. Pour y accéder de la région de la Baie, il faut suivre la route 128 à partir de l’US 101 à Cloverdale, ou prendre Mountain View Road de la route 1, sur la côte. Quel que soit le parcours choisi, il faut suivre un tracé sinueux à travers des montagnes relativement désertes, qui offre une belle balade à moto.

Ours
L’ours chimérique est la mascotte de la brasserie d’Anderson Valley.
Eel River
La brasserie Eel River se spécialise dans les bières et ales biologiques.

Chaque année depuis douze ans, l’endroit organise un festival rassemblant les grands noms de la bière artisanale de l’ouest américain. Outre les grands noms comme Sierra Nevada, New Belgian ou Gordon Biersch qu’on ne présente plus, c’est aussi la chance pour les amateurs de goûter aux bibines des brasseries moins connues.

Le mouvement des microbrasseries a aux États-Unis explosé dans les années 90. La Californienne Sierra Nevada, basée à Chico, distribue désormais sa pale ale jusque sur la côte est. De plus en plus de consommateurs américains, frustrés par les blondes insipides des trois grands (Anheuser-Busch, Miller et Coors), se tournent vers les breuvages artisanaux de brasseries locales, souvent non filtrés, notamment leurs bières à fermentation haute (ales), mais aussi de plus en plus des bières de blé, des blanches, des brunes et autres porters, ayant souvent des recettes européennes pour inspiration. Près de quarante brasseries étaient représentées, servant chacune deux à six de leurs breuvages. Certaines ont leur spécialité : Eel River Brewing, à Fortuna, près d’Eureka, met un point d’honneur à brasser de façon bio. Et Sudwerk, à Davis, est l’une des rares brasseries spécialisées dans les blondes.

Le festival ne dure qu’une courte après-midi, de 13 à 17 heures. Une queue gigantesque se forme dès le milieu de la journée, mais disparaît rapidement à l’ouverture des portes du parc du comté. C’est un peu l’Oktoberfest locale : moyennant un ticket (à acheter impérativement à l’avance auprès des brasseries participant à l’événement, et ils se vendent vite), on se voit remis un verre à bière de 20 centilitres (marqué d’un trait à la limite marquant 4 onces liquides) pour goûter aux breuvages servis sur place à volonté. Je suis averti par ma douce amie qu’il est très mal vu de jeter le contenu de son verre sans l’avoir bu entièrement, une pratique que certains voient d’un très mauvais œil. « They have a name for it: alcohol abuse », explique-t-elle. Je suis prévenu.

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En lisant le billet d’une expatriée de San Francisco1 hier soir, empreint d’une sincérité et d’une émotion rares, j’ai eu la même réaction qu’un autre blogueur franchouillard en exil dans la région de la Baie.

Enfin. Enfin une claque salutaire dans l’idéalisme béat de certains expatriés qui semblent constamment peindre en rose leur expérience de ce côté-ci de l’Atlantique, quitte à laisser croire à leurs compatriotes du vieux pays que l’or coule des fontaines californiennes. Je ne vise là personne en particulier. L’enthousiasme est une denrée trop rare pour être bridée. Cet état de choses est après tout inévitable. Même si, de temps à autre, un blogueur se laisse aller à confesser son coup de blues ou son mal de pays, dans l’ensemble, il est compréhensible que la majorité d’entre nous préfèrent se taire lorsqu’ils traversent une période difficile — pas la peine de s’offrir comme la cible facile des trolls et autres polémistes de clavier en étalant ses problèmes personnels.

Cie des mines d'or
La Californie, un pays qui fait rêver les Français depuis 1849.

Du coup, on entend en général parler uniquement de ceux qui réussissent. Ceux-là trompettent leurs succès sans honte, affranchis du tabou français qui entoure l’argent et la réussite, trop souvent synonyme dans l’Hexagone de magouille et de corruption. Et ils ont raison.

Mais on n’entend jamais parler des échecs. Certes, de temps en temps, un entrepreneur devenu multi-millionnaire relatera a posteriori sa traversée du désert, qui finit enfin par s’ouvrir sur son bonheur actuel après de longues heures de travail forcené et une volonté inébranlable. Mais ces difficultés font partie intégrante du mythe américain. Toute la littérature et la culture contemporaine sur ce thème est une pièce en trois actes (n’en déplaise à F. Scott Fitzgerald) : c’est d’abord l’optimisme du débutant, encouragé par un mentor ou une vision, qui trouve en l’Amérique un terrain fertile à ses ambitions. Puis viennent les épreuves et les échecs, qui testent sa détermination. Troisième acte : le héros se relève, abat les obstacles et finalement conquiert son destin : il obtient la reconnaissance, l’argent et la femme (d’où l’expression américaine de trophy wife).

Tous les parcours mythiques de self-made men suivent ce schéma (même si la femme ne reste pas toujours, mais s’ils gardent leur fortune, elle est facilement remplaçable, généralement par un modèle plus jeune). Malheureusement, pour beaucoup, le rêve américain est écrasé pour de bon quelque part dans la deuxième partie. Ceux-là ne feront jamais la une de la presse ou l’objet d’une biographie convoitée. Ceux-là, l’immense majorité, n’auront jamais de third act.

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Eschscholzia californica
Le pavot de Californie, ou California poppy (Eschscholzia californica si vous avez fait un bac scientifique) est la fleur de l’État, et sans doute ma fleur sauvage préférée dans la région. Certains en font une tisane, recommandée contre l’anxiété ou l’insomnie. Je ne m’attendais pas à en voir un buisson dans mon jardin, mais au mois dernier, les coquelicots ont fleuri.
Photo : Arnaud H. Licence Creative Commons.

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