Volaille

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L’épisode récent de l’excellentissime émission This American Life est intitulé « Poultry Slam ». Il compile des histoires dont le thème est la volaille.

Il y a notamment la découverte par le cuisinier new-yorkais Dan Barber d’un producteur de foie gras espagnol, Eduardo Sousa. Ce dernier avait fait la une du Monde en 2006 (article payant) lorsqu’il avait décroché le Coup de Cœur du Salon international de l’Agroalimentaire. De nombreux de ses homologues français avaient râlé et dénoncé l’éleveur d’oies comme un tricheur : il ne gavait pas ses oies !

La présentation de Dan Barber à Taste3, à Napa, en 2008 (ci-dessous), vaut son pesant de foie gras. L’épisode de TIL vaut la peine car il offre un suivi des expériences du chef qui cherche depuis à reproduire les méthodes de Sousa dans le nord de l’état de New York. Et jusqu’ici, c’est un échec total.

Je souhaite pourtant bonne chance à Barber, et si j’avais quelques millions à y investir, je me lancerais dans une aventure similaire en Californie. Car d’ici quelques mois, non seulement la production mais aussi la vente de foie gras seront illégales dans l’état.

Certains cuisiniers californiens ont d’ores-et-déjà annoncé qu’ils continueront à servir le mets, clandestinement ou pas. Gary Danko estime que l’interdiction (qu’il compte braver) aura pour effet de simplement doubler ses ventes.

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Je me souviens de ma tristesse, il y a quelques années déjà, lorsque lors d’une visite en France, dans une petite ville que je fréquentais de près dans mon adolescence (un indice si Google vous tente : une bonne partie des films de la Septième Compagnie y fut tournée), je constatai que la boucherie chevaline avait disparu.

C’était un peu hypocrite de ma part, après tout. Ma bonne maman avait arrêté d’y faire ses courses lorsque, il y a presque trois décennies de ça, ma sœurette, passionnée d’équitation, avait décrété que désormais, on ne boufferait plus de cheval dans la maison. Et je n’avais pas franchement fait l’effort de contrer le diktat de la frangine.

L’année dernière, j’avais observé dans le métro parisien des affiches protestant la viande de cheval. La campagne était bien pensée, associant les bêtes à des amis. Et franchement, qui bouffe ses potes ? Mais je gardai malgré tout une certaine nostalgie des steaks de cheval. Si tendre, si savoureux. Suite

Quelques semaines à peine après l’arrivée d’Obama à la Maison-Blanche, le mouvement du Tea Party prenait une ampleur nationale. De là, les manifestations se multiplièrent à travers le pays. Une certaine Amérique moyenne, votant principalement à droite (mais aussi rejointe peu à peu par de nombreux déçus de Barack), y vit l’incarnation de leur mécontentement. Les slogans étaient clairement anti-immigration, anti-socialistes, anti-mondialistes, anti-gouvernement, parfois racistes, souvent simplistes, teintés de christianisme évangéliste, et étalant souvent des credos anti-avortement ou anti-musulmans, et mettant en question la citoyenneté ou la religion du nouveau président. C’était plein de rouge, blanc et bleu, de drapeaux Gadsden et de pancartes exprimant un patriotisme simplet.

Le mouvement, qui en France évoque l’idéologie puante des poujado-lepénistes, fut rapidement récupéré par différentes organisations et candidats potentiels à la présidence. Michele Bachmann, qui représente le sixième district du Minnesota à Washington, fut sans doute celle qui fut la plus habile à capitaliser sur le Tea Party. Après avoir fait la une des magazines et considérée comme l’un des favoris du GOP il y a encore quelques mois, elle patine désormais dans les sondages, larguée loin derrière le tandem Romney-Cain, qui semble désormais être le ticket républicain logique pour affronter Obama en novembre 2012 — même si beaucoup de choses peuvent se produire d’ici là.

Et voici maintenant un autre mouvement — Occupy Wall Street, désormais se déclinant au niveau national, avec des mini-manifestations à travers le pays, y compris devant les agences Chase ou Bank of America de patelins minuscules.

Le parallèle est évident, mais au Tea Party comme chez les militants OWS, on se refuse à l’accepter. La droite McDonald’s des tea partiers voit les agitateurs de Occupy Wall Street comme une bande de marxistes cherchant à redistribuer les richesses façon Castro, des hippies glandeurs voulant toucher un chèque du gouvernement sans rien foutre. De leur côté, les militants d’Occupy ne se voient quasiment rien en commun avec les teabaggers, qui représentent une Amérique étroite d’esprit, ignorante et pleine de haine.

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RIP, Steve

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La nouvelle n’était qu’une demi-surprise. Le co-fondateur et patron d’Apple nous a donc quitté hier pour rejoindre le nuage. Ce matin, TV5 Monde m’a appelé pour un bref entretien sur mes pensées en tant qu’ex-employé d’Apple. Je n’ai rien pondu de très transcendant, car ma foi tout a été déjà dit, donc je vous épargne le compte-rendu. J’avais pris soin de mettre l’iMac vintage qui trône sur le comptoir de la cuisine en arrière-plan pour l’appel via Skype.

Ce que je retiens de celui qu’on appelait tous « Steve » — sachant immédiatement de quel Steve il s’agissait : son incroyable attention au détail (certaines décisions sur le choix de la couleur du fond d’une page web étaient parfois imposées par SJ lui-même), un charisme indéniable que SNL ira jusqu’à parodier à plusieurs reprises (peu de CEOs peuvent se vanter d’avoir été leur cible ne serait-ce qu’une seule fois), une discrétion qui parfois contrastait avec son apparition au milieu de la cafétéria d’Apple pour commander un burrito végétalien, un culot indéniable, et l’incarnation quasi-parfaite de la success story à l’américaine : ascension, traversée du désert, et retour éclatant.

La dernière question de l’entretien porta sur le futur d’Apple. Et là, je ne me fais pas de souci. D’abord parce qu’au cours de mes cinq années chez Apple, j’ai rencontré des dizaines d’individus d’un calibre intellectuel remarquable, ayant tous un point commun : un regard souvent peu conventionnel, voire rebelle, mais encadré d’un pragmatisme et d’une patience remarquables. Des pirates civilisés et business-savvy.

Ensuite, parce qu’il ne fait aucun doute dans mon esprit que Uncle Steve a préparé il y a déjà un bon moment sa succession, dont la nomination de Tim Cook au poste de CEO n’est qu’un exemple. Je suis persuadé que Jobs a légué une vision détaillée des produits et services futurs à ses héritiers chez Apple, sans parler du futur siège, un OVNI qui sans aucun doute portera sa marque.

Il y a deux semaines de ça, ma douce et moi descendons le flanc boisé derrière la maison pour aller cueillir des poires et des mûres. Nous suivons ces temps-ci un régime quasi-végétarien et sans alcool, histoire de perdre quelques kilos superflus — et ça marche. J’ai pris le fusil en .22, au cas où un gros lièvre d’automne montrerait son nez, et comme à chaque sortie de chasse, j’ai à ma ceinture mon 1911 Kimber chambré en 10 mm. Après tout, la saison de chasse au cheveuil n’est pas encore terminée, et un cochon sauvage pourrait croiser notre chemin. Et on ne sait jamais — j’ai trouvé à deux reprises des carcasses de chevreuil abandonnées par des braconniers nocturnes. Les coupables se sont enfin fait épingler il y a un mois — sept ouvriers agricoles qui apparemment aimaient à abattre leur gibier en l’éclairant de nuit et l’abattaient avec des fusils de .22, un calibre illégal pour la prise de gros gibier, mais relativement silencieux par rapport aux percussions centrales. Leur statut de clandestin combiné à des offenses commises avec des armes à feu (leurs fusils étaient chargés dans le véhicule) va leur valoir une reconduite à la frontière une fois leur peine écoulée.

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Des excuses

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Pour ne pas avoir tenu ce blog à jour. Bah oui, je me sens coupable. Sans doute vis-à-vis de moi-même, surtout.

Je travaille sept jours sur sept, ces temps-ci. La semaine, je suis sur une mission temporaire pour une boîte du FiDi qui relance une trentaine de sites web pour ses filiales (la localisation est ma spécialité côté tech). C’est typique du genre de projet que je gère depuis une quinzaine d’années. Je suis à San Francisco deux à trois jours pendant la semaine, et le reste, je bosse de la maison, dans le comté de Lake, à deux bonnes heures de route.

Le week-end, je bosse toujours pour Gregory Graham Wines, où je tiens la salle de dégustation, et je conseille Greg en matière de marketing, social media, et tout le tralala que les domaines vitivinicoles doivent désormais maîtriser pour se maintenir sur le marché. Cela dit, les vins de Greg sont tous excellents, donc faciles à écouler. Mais il faut travailler sur la reconnaissance de la marque, sachant que la distribution hors Californie est quasi-inexistante, à l’exception de deux ou trois autres états (la faute au three-tier system imposé à la fin de la Prohibition, très défavorables aux petits domaines).

Et puis je continue à bosser en traducteur indépendant, notamment pour la localisation d’applications mobiles et de sites web. Ça me tient occupé le soir ou tôt le matin.

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